Shlomo Sand est ce soir l'invité de l'Humeur Vagabonde pour "Comment j'ai cessé d'être juif", parule 13 mars 2013aux éditions Flammarion dans la collection Café Voltaire

"Comment j'ai cessé d'être juif"
"Comment j'ai cessé d'être juif" © Editions Flammarion

En 2004 Theo Klein publiait chez Liana Levi un « Petit Traité d’éthique et de belle humeur » dont il était venu parler dans l’Humeur Vagabonde. Nous avions ainsi abordé cette question, que beaucoup se posent et à laquelle chacun apporte généralement une réponse très personnelle : qu’est-ce qu’être juif lorsqu’on se définit comme laïc, voire comme athée ? Durant la guerre, les lois raciales ont imposé à des milliers d’hommes et de femmes qui ne pratiquaient plus la religion de leurs ancêtres et à laquelle seules quelques fêtes familiales les rattachaient encore, une appartenance définie par des critères automatiques de filiation. Aujourd’hui, pour les non-croyants, se sentir juif c’est choisir d’appartenir à une histoire, à une mémoire, à une tradition. Mais c’est aussi, souvent, proclamer son attachement à l’existence d’un pays créé en 1948 nommé Israël.

Né en 1946 dans un camp de réfugiés juifs polonais à Linz, Shlomo Sand a émigré en Israël en 1948 avec ses parents. En 1967, il a participé, comme simple soldat, à la Guerre des Six Jours. Historien , il a soutenu sa thèse en France sous la direction de Madeleine Rebérioux. Militant de gauche, partisan de deux états, il a commencé à faire scandale en publiant des livres sur l’histoire du peuple juif dénonçant l’utilisation abusive des récits religieux mythiques pour justifier l’appropriation de la terre palestinienne. Aujourd’hui il publie un petit livre plus personnel intitulé « Comment j’ai cessé d’être juif » publié chez Flammarion dans la collection Café Voltaire. Contestant la politique des différents gouvernements vis-à-vis des citoyens arabes du pays et des palestiniens, refusant l’influence grandissante des mouvements religieux sur les affaires de l’état, et se proclamant athée, Shlomo Sand a tenté de faire retirer le qualificatif juif de sa carte d’identité israëlienne. Son livre raconte son échec.

Le résumé du livre

D'après les lois de l'Etat d'Israël, tout comme selon la loi juive, personne ne peut cesser d'être juif, à moins de se convertir à une autre religion. Le problème pour l'auteur, né juif, est qu'il ne croit en aucun dieu. D'où ce texte, une tentative de se libérer de cette étreinte déterministe.

Le reportage d'Aude-Emilie Judaïque

Etre juif recouvre deux réalités différentes : c’est une appartenance religieuse certes, mais c’est aussi une appartenance culturelle.

On peut donc parfaitement être attaché aux rites traditionnels juifs, sans pour autant adhérer à ce que d’aucuns appellent les « légendes talmudiques ». Ce qui en conduit même certains à étudier les textes sacrés pour leur seule portée philosophique ou historique, et à réinventer par là-même la pratique du midrash, qui consiste à interpréter la Bible pour en décoder les métaphores parfois obscures ou pour en élucider les contradictions apparentes. On s’en doute, dans la tradition, le midrash était exclusivement réservé aux rabbins. Mais les juifs laïcs tiennent à ne pas abandonner aux religieux ces pans entiers de leur imaginaire collectif, ces morceaux de leur identité.

Alors, ils investissent le midrash laïc du centre Medem à Paris : un dimanche par mois à l’heure de la messe justement, hommes et femmes décortiquent ensemble les textes sacrés, questionnent leur héritage juif et, pour certains, se réconcilient avec leurs origines.Fidèle parmi les fidèles, Léopold Braunstein nous ouvre grand les portes du centre culturel Medem – Arbeter Ring dont il est le directeur.

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