pour " Regarde les lumières, mon amour " paru chez Seuil, collection Raconter la vie

Regarde les lumières, mon amour
Regarde les lumières, mon amour © Radio France

Chacun proclame, en général, sa détestation de la corvée de courses au super ou à l’hyper marché . Il nous faut pourtant y aller, c’est une obligation, pour regarnir les placards de la maison de toutes ces choses du quotidien dont nous sommes certains de ne pouvoir nous passer. Or qui dit obligé, traduit vite par contrainte. Et pourtant, si nous sommes parfaitement sincères avec nous-mêmes, il nous faut bien admettre qu’un certain plaisir, une légère excitation, et une curiosité jamais rassasiée nous accompagnent dans les travées ordonnées de ces temples de la consommation moderne. Et qui, une fois arrivé, se contentera rigoureusement de l’indispensable inscrit sur sa liste, et n’ira pas flâner, fouiner et dénicher un petit quelque chose en plus, comme un cadeau que l’adulte octroierait à l’enfant d’hier, éternellement émerveillé par les lumières en haut de l’escalator ?

Annie Ernaux, on le sait, écrit depuis toujours sur ce qui constitue intimement notre vie . Déjà en 1993 dans son « journal du dehors » et en 2000 dans « La vie extérieure » , elle décrivait les choses vues et ressenties parmi les clients des grandes surfaces , ces lieux où les solitudes se croisent et se réchauffent un bref instant, communiant dans le même désir fugace. C’est donc à un hypermarché Auchan proche de chez elle qu’elle a très vite songé pour « raconter la vie » ,ainsi que le propose la collection nouvellement créée au Seuil par Pierre Rosanvallon et Pauline Peretz . Pendant une année, de novembre 2012 à octobre 2013, elle y a observé, noté, écouté bruire la rumeur des autres, ses semblables. « Regarde les lumières mon amour » qui sort aujourd’hui est une réflexion d’écrivain sur ce que dit de nous, de notre temps, de nos angoisses comme de nos plaisirs, la façon que nous avons de remplir notre caddie.

Annie Ernaux est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Martine Abat

Promenade sonore sur les pas d'Annie Ernaux , dans un hypermarché de la banlieue parisienne, des langues étrangères, des voix, des promos, la foire des vins de printemps, des enfants, des fraises, le rien, la vie.

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.