Journaliste, critique littéraire redoutée, féministe radicale, Vivian Gornick est une figure du New York littéraire depuis les années 1970. Née dans le Bronx de parents immigrés juifs communistes, elle raconte ses combats, ses colères, ses passions dans deux livres délectables tout juste parus chez Rivages.

Vivian Gornick, journaliste, écrivaine américaine et activiste féministe
Vivian Gornick, journaliste, écrivaine américaine et activiste féministe © Maxppp / ZIPI, EFE, Newscom

Toute sa vie Vivian Gornick a arpenté les rues de sa ville, New York, y saisissant les scènes, les bribes de conversations, les personnages dont elle nourrit son écriture. Journaliste, critique littéraire redoutée, féministe « radicale », elle a travaillé au Village Voice dès les années 1970, et aussi au New York Times comme à la Paris Review, enseigné dans diverses universités ainsi qu’à la New School et bourlingué à travers le monde. Mais c’est comme écrivain d’elle-même, à la manière d’une Joan Didion ou d’un Henry Roth, que Vivian Gornick a fait véritablement entendre sa voix singulière, drôle et féroce, terriblement intelligente,  toujours sans concession, vis-à-vis d’elle-même comme des autres.

Les éditions Rivages ont eu l’excellente idée de publier ses deux livres de mémoires : Attachement Féroce  sorti aux Etats Unis en 1987, et La Femme à Part qui date de 2015. Tous deux traduits par Laetitia Deveaux. Dans le premier, Vivian Gornick décrit sa vie dans le Bronx des années 1930 et 1940, dans un immeuble peuplé de juifs venus de l’Est, où sa mère, tyrannique et dépressive, hystérique et perspicace, veuve inconsolable d’un mari bien aimé, tente de la modeler à ses idées et de choisir son destin. En vain. Mais, même haï, ce lien intellectuel et charnel entre la mère et la fille, perdurera jusqu’à la mort de l’une et demeure toujours dans l’écriture de l’autre. 

Les textes sont lus par Cécile Ribault-Caillol 

Manhattan, c’était l’Arabie.  À quatorze ans, j’ai commencé à prendre le métro et à parcourir Manhattan de long en large, tard les soirs d’hiver ou dans la chaleur de l’été. La seule différence entre quelqu’un du Kansas et moi, c’est que depuis le Kansas, on ne fait le grand saut de l’immigration qu’une fois, alors que moi, je tentais de multiples incursions vers Manhattan pour retrouver ensuite mon chez-moi : le confort et la réassurance, l’ennui et l’attente avant de saisir véritablement ma chance. Je descendais Broadway, je remontais par Lexington, j’arpentais la Cinquante-septième Rue d’une rive à l’autre, je parcourais Greenwich Village, Chelsea, le Lower East Side, je plongeais jusqu’à Wall Street, je repartais vers Columbia. J’ai parcouru ces rues pendant des années, frissonnante et pleine d’expectative, avant de rentrer chaque soir dans le Bronx en attendant que ma vie commence. (La Femme à part)

Nous pensions qu'avec Trump président, nous allions devenir un pays fasciste, mais ce n'est pas ça qui s'est produit,l’élection de Trump  a poussé  20.000 femmes à demander  à participer à une formation pour occuper des postes publics...des femmes qui n'avaient jamais été politisées et qui ne se considèrent pas comme féministes sont soudains prêtes à s'engager, donc tout ne revient pas en arrière...

La programmation musicale 

Joni Mitchell All I Want 

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