Le 11 janvier 2008, la ville de Cleveland, dont des quartiers entiers ont été vidés de leurs habitants à la suite des saisies immobilières générées par l’éclatement de la bulle financière due aux subprimes, attaque en justice 21 banques de Wall Street. Les victimes des expulsions ont mandaté un avocat de Cleveland, Josh Cohen, révolté par ce séisme social et humain. Soutenus par la municipalité, ils entendent bien demander des comptes aux plus grands établissements financiers qui se sont enrichis cyniquement sur leur malheur programmé. « Que s’est-il passé ? » s’interroge depuis ainsi Michael Obinski, le petit génie de Wall Street dont le logiciel a permis aux traders de ruiner des millions d’américains pour gagner des milliards de dollars supplémentaires.

Cleveland contre Wall Street
Cleveland contre Wall Street © Radio France / JS Bron

Evidemment, les avocats des banquiers ont stoppé la procédure à son début. Le réalisateur suisse, Jean Stéphane Bron, a voulu aller plus loin. Il a donc convaincu les principaux intéressés de jouer devant sa caméra le procès qu’espéraient les habitants de Cleveland. Et, extraordinaire vitalité de la société américaine, chacune des parties a accepté, y compris un avocat new yorkais mandaté par les 21 banques. On y entend les victimes raconter leur pitoyable histoire, les brokers expliquer leurs méthodes, et même le concepteur du programme informatique qui a permis la titrisation des subprimes, Michael Obinski, exprimer son dégoût de ce capitalisme financier que plus personne ne contrôle. Passionnant et désespérant, surtout à l’énoncé du verdict rendu par les jurés, tous citoyens de Cleveland. Ce film est diffusé ce soir à 23H45 sur Canal+.

Reportage de Jérôme Sandlarz : Le scandale des maisons Borloo

maison Borloo
maison Borloo © Radio France

Si l'on vous dit « Maisons Borloo », qu’est-ce que cela vous évoque ? Des maisons bon marché… Il s’agit des fameuses maisons à 100 000 euros lancées en octobre 2005 par Jean-Louis Borloo, à l’époque ministre du logement et de la cohésion sociale. L’idée, fort louable sur le papier, consistait à donner accès à la propriété à 20 à 30 000 ménages modestes dans le cadre du plan national sur le logement social. Au total, finalement, seules 600 maisons de ce type ont vu le jour en France dont 150 au Havre parmi lesquelles une cinquantaine en ossature bois importées de Lettonie. C’est justement sur ces dernières que Nadine, coursière et Mustapha, ouvrier soudeur, ont craqué. Pour eux, c’était l’occasion de pouvoir enfin quitter leur appartement HLM pour une "vraie" maison. En plus, ils remplissaient tous les critères : être agés de moins de 45 ans, avoir au moins deux enfants et être non imposable. Selon l’argumentaire mis en ligne par un promoteur sur le site de la mairie du Havre et qui les a immédiatement séduits : « Il s’agit de maisons de ville de type T4 de 85 mètres carrés livrées avec leur jardin engazonné et planté. Modernes, élégantes, confortables et économes en énergie, elles répondront à toutes les attentes de leurs futurs propriétaires. » Le rêve, non ? Malheureusement, pour Nadine et Mustapha, le conte de fée a rapidement viré au cauchemar … On les retrouve dans leur maison de Caucriauville, un quartier réputé sensible dans la ville haute du Havre.

Programmation musicale :

- Charles Pasi, Up to us

- Hubert-Félix Thiéfaine, Fièvre insurrectionnelle

- Bobby Gentry, Ode to Billie Joe

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