Il faut beaucoup aimer...
Il faut beaucoup aimer... © Radio France

C'est comme dans un film américain, l’un de ces films à gros budget qui nous promettent une brûlante histoire d’amour sur grand écran. Tout y est : la nuit, Hollywood Boulevard, la décapotable, l’actrice est jeune, belle, blonde, juchée sur des talons vertigineux. Elle est en train de tomber amoureuse de l’homme à ses côtés : il est grand, fort, mystérieux, et semble assez indifférent à la passion qu’éprouve sa compagne. Le décor, les personnages, le lieu, tout semble vouloir nous plonger dans l’habituelle romance contrariée dont chacun attend l’inévitable happy end. Et il faut tendre l’oreille et aiguiser son regard pour saisir dissonances et décalages. Précision : le héros est noir, vient d’Afrique et porte un nom qui n’a rien d’américain.

Marie Darrieussecq s’est offert un beau voyage avec son dernier roman, tout juste paru chez POL, dont le titre, « Il faut beaucoup aimer les hommes », est emprunté à Marguerite Duras. Pour l’écrire elle est allée à Los Angeles et en Afrique, s’est glissée dans la peau d’une femme qui se consume de passion, a imaginé le tournage d’une nouvelle adaptation d’Au cœur des ténèbres , et a cheminé dans la jungle aux côtés de Georges Clooney et Vincent Cassel. Privilège de l’écrivain que de vivre bien d’autres vies que la sienne. Et, avec son goût pour le retournement et le dépeçage des clichés les plus banals de notre temps, Marie Darrieussecq nous offre une réflexion aiguë sur l’asservissement, l’humiliation, l’impossible fusion entre homme et femme, l’irréductible malentendu entre blancs et noirs.

Le reportage de Martine Abat :

AvecMathilde Leduc-Grimaldi,commissaire de l’exposition « Doctor Livingstone I presume? » au Musée BELvue à Bruxelles

On peut voir exposées en ce moment au Musée BELvue, à Bruxelles, les archives d’un célèbre explorateur de l’Afrique, Henry Morton Stanley. Et notamment toutes les notes, les dessins, les courriers consacrés à l’expédition qu’il a menée en 1871 pour retrouver le missionnaire et géographe écossais David Livingstone, parti à la recherche des sources du Nil. On est alors sans nouvelles de Livingstone depuis 3 longues années, on a perdu sa trace sur les bords du lac Tanganyika. Stanley qui est un journaliste américain, est envoyé à sa recherche par le New York Herald. Cette expédition au centre de l’Afrique va lui donner le virus de ce continent où il va mener par la suite de nombreuses expéditions, pour des journaux mais aussi pour le compte du roi des Belges Léopold II, qui l’enverra, dans sa grande entreprise de colonisation, ouvrir des comptoirs commerciaux tout le long du fleuve Congo.

Mais nous sommes donc là au moment où Stanley pose pour la première fois le pied en terre africaine, où il débarque à Zanzibar pour entamer son périple au cœur de l’Afrique. C’est Mathilde Leduc-Grimaldi qui nous guide.

Exposition présentée jusqu'au 11 novembre 2013

http://belvue.be/fr/museum/expositions-temporaires/dr-livingstone-i-presume

Dr. Livingstone I presume?
Dr. Livingstone I presume? © Radio France
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