pour son nouvel ouvrage consacré à l'Histoire du silence - de la Renaissance à nos jours paru chez Albin Michel

Alain Corbin-Histoire du silence
Alain Corbin-Histoire du silence © Albin Michel / Alain Corbin

Comme dans ce temple bouddhiste, immergé dans l’incessante cacophonie d’une grande ville, la quête du silence est devenue, aujourd’hui, une expérience à la mode. Et, après avoir testé les régimes détox, certains sont même prêts à payer de jolies sommes pour aller passer quelques jours dans un monastère, voire beaucoup plus loin dans un ashram, histoire d’expérimenter une cure de silence et de méditation. Comme si ce simple retour sur soi, ce temps de rêverie, d’écoute de la vibration du monde, de concentration nécessaire à toute création, était devenu difficilement accessible à nos contemporains. D’ailleurs, partout, en classe, dans les ascenseurs, au supermarché, dans les restaurants, dans les bus et les métros, les boutiques et les salles d’attente, musique, sonneries de téléphones et conversations nous assiègent. Et qui s’avise de demander un peu de silence sera regardé comme un perturbateur. Après des siècles pendant lesquels le silence était enseigné, vanté, chanté, peint, écrit, serions-nous arrivés à le redouter ?

Un livre qui s’intitule Histoire du silence peut-il être un livre d’Histoire ? Oui comme l’ont été auparavant La Douceur de l’ombre , Le Territoire du vide ou Les Cloches de la terre . Une Histoire des émotions, des sens, telle que nous la raconte depuis si longtemps Alain Corbin, qui nous a habitués à le suivre dans les chemins creux du grand récit national pour nous faire ressentir, au plus près, la vie de ceux qui nous y ont précédé. Son dernier livre, érudit et sans emphase, vient de paraître chez Albin Michel.

Et c’est autour de ses lectures qu’il l’a bâti, romans, poésies, récits de voyages, correspondances et journaux intimes, là où se raconte, au fil des âges, l’effroi et l’émerveillement des hommes face à ce que Pascal appelait « le silence des espaces infinis ». Au cœur d’une chambre calfeutrée comme Proust, dans un cloître comme Bossuet ou Rancé, parmi les mille et un bruissements d’une forêt comme Thoreau ou devant un tableau de Georges de La Tour, se taire nous rend à nous-mêmes.

Alain Corbin est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

Les archives INA diffusées ce soir

Au temple zen Nan Foutsou en Dordogne ,Taico Guy de Suarte , maître des lieux, parle du silence

"APPEL D'AIR. un si profond silence" -08/09/2000 France Culture Marie-Hélène Fraïssé __ Témoignage d’un homme : Il parle tout le temps, avec son chien, dans sa voiture, parle ou chante tout seul « faut vraiment que je dorme… et encore je me demande si je ne parle pas en dormant ! »

29/03/1999 Nuits Magnétiques « L’apprentissage du silence /France Culture

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Frère Eric Mace: La fascination du silence avec quelque chose de terrifiant.

Il faut se préparer à cet état de silence.

"SURPRIS PAR LA NUIT. Silence, on écoute". 31/01/2008 /France Culture __ Daniel Arasse :la Silencieuse puissance de la peinture. _23/07/2003 Histoires de Peintures « Le tableau préféré » France Culture Daniel Arasse

Gérard Pesson: Son expérience radicale du silence_ 20/12/2002 Appel d’Air « Les arpenteurs du silence » France Culture

Témoignage d’une femme: le silence qui pèse le plus, c’est dans la relation amoureuse.

29/03/1999 Nuits Magnétiques " L’apprentissage du silence "France Culture

Le reportage de Léa Minod

Phare de Tevennec
Phare de Tevennec © Léa Minod

Depuis fin février Marc Pointud est seul sur le phare de Tevennec, au large de la pointe du Raz, dans le Finistère.

L’isolement y est paraît-il tellement insupportable que les gardiens du phare s’y sont succédés au rythme des vagues. Décrété hanté, Tevennec devient en 1910 le premier phare automatisé.

Cent ans de solitude jusqu’à ce que, Marc Pointud s’y installe pour deux mois.

L’aventure a un but : mettre en lumière ce patrimoine maritime qui tend à disparaître.

Bravant la solitude, le président de la Société Nationale pour le Patrimoine des Phares et Balises fait l’expérience d’un silence forcé, presque inhumain. Avec la mer pour compagne.

La mer et ses humeurs, la mer et son silence indolent.

Alors, avant que l’isolement ne prenne fin, il a enregistré, pendant quelques jours, le journal de son silence.

L’opération baptisée « Lumière sur Tevennec » prend fin dans une dizaine de jours. Avec l’espoir de réunir assez d’argent pour rénover le phare et en faire une résidence d’artistes .

Toutes les informations sont sur www.pharesetbalises.org

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