pour son cinquième livre sur le génocide rwandais Un papa de sang publié dans la collection Blanche chez Gallimard

Jean Hatzfeld - Un papa de sang
Jean Hatzfeld - Un papa de sang © Collection Blanche-Gallimard / jean Hatzfeld

Nul n’a oublié que c’est dans ce paysage à la beauté tranquille qu’ont eu lieu, en quelques semaines, entre avril et juillet 1994, les massacres de masse qui ont fait près d’un million de victimes tutsies au Rwanda.

Et c’est dans ce même paysage à la beauté tranquille que se retrouvent aujourd’hui, côte à côte, exactement comme autrefois, les rescapés et les tueurs hutus, ceux qui ont purgé leur peine et ceux qui n’ont pas été inquiétés, contraints à une réconciliation nationale voulue par le gouvernement de Kigali.

Comme en Afrique du Sud, des assemblées populaires ont, durant des années, écouté les récits des tueries, jugé les coupables identifiés et prononcé des peines, tenant compte des regrets exprimés par les tueurs.

Mais regretter est une chose, demander pardon en est une autre.

Vingt ans après l’horreur, sous l’apparence d’une cohabitation sans accroc, la méfiance et la peur rôdent toujours.

Comment grandit-on avec un tel héritage ? Comment en parle-t-on avec ses parents ?

Jean Hatzfeld a vu grandir ces enfants de Nyamata durant toutes ces années pendant lesquelles il interrogeait inlassablement leurs parents. D’abord il a fait parler les survivants, et ce fut ce livre terrible, Dans le nu de la vie publié en 2000.

Puis il fit parler les assassins, et écrivit Une saison de machettes en 2003, avant de raconter le retour des uns et des autres sur les lieux des crimes dansLa stratégie des antilopes en 2007.

Incapable de s’éloigner de cette terre gorgée de sang, de cesser de tendre l’oreille à ces récits de vies fracassées énoncés dans une langue poétique et chantournée, Jean Hatzfeld continue de prêter sa plume aux acteurs de cette stupéfiante tragédie.

Après Englebert des collines dont il a fait le portrait l’an dernier, il dessine aujourd’hui celui de la jeune génération, née avec le génocide. Ils ont entre 16 et 20 ans, filles et fils de tutsis et de hutus, assis sur les mêmes bancs d’école, riant et faisant du sport ensemble, mais à jamais séparés par un héritage écrasant.

Un papa de sang est édité chez Gallimard et Jean Hatzfeld est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

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