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Pour « Niloufar » éditions du Seuil.

La toile, nous le savons désormais, nous offre le meilleur comme le pire. Il nous faut juste, passés les premiers excès, apprendre à civiliser l’usage que nous en faisons. Le séisme déclenché ces dernières semaines dans les dictatures arabes, et qui doit beaucoup à Internet, nous montre que Big Brother peut finalement être apprivoisé. Une génération nouvelle y boit la liberté à grands traits. Ron Leshem en fait partie. Ce jeune journaliste et écrivain israelien a connu un succès mondial avec son premier livre, Beaufort, paru en 2007 et immédiatement adapté au cinéma. Il y racontait, dans une langue brutale et naïve, la vie et la mort de jeunes soldats de Tsahal défendant avec acharnement un vieux fort au Sud Liban, qu’ils abandonneront en une nuit lors du retrait israelien en 2000. Ron Leshem, qui n’a pas fait cette guerre, avait écrit ce premier livre a partir d’entretiens menés avec des anciens soldats. Son deuxième livre, Niloufar, qui vient de paraître au Seuil dans une traduction de Jean Luc Allouche, s’est bâti, lui, à partir de discussions sur internet avec trois jeunes iraniens qui, au fil des mois, sont devenus des amis proches.

Ce roman se déroule à Téhéran, juste avant la réélection d’Ahmadinejad, où un jeune provincial Kami est venu faire ses études, laissant derrière lui son ami d’enfance, Amir, qui se tourne vers la religion et le parti islamiste. Kami va apprendre l’amour, avec une jeune fille intrépide et délurée nommée Niloufar, qui l’entraîne dans des soirées privées où sexe, drogues et alcool sont de mise. Vivant chez sa tante, une ancienne actrice de cinéma dorénavant recluse, il va créer un petit cercle d’adeptes d’Internet qui vont y découvrir la liberté virtuelle et la souffrance qui s’y attache. Ron Leshem est ce soir l’invité de l’Humeur vagabonde, ses propos seront interprétés par Laura Brimo.

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Martine Abat : rencontre avec Eyal Sivan pour son documentaire « Jaffa, la mécanique de l’orange" qui sort en DVD chez Memento Film

Connaissez-vous la marque Jaffa, on la voit inscrite sur le petit autocollant sur les oranges ? Eh bien si Jaffa est aujourd’hui une marque déposée, elle est à l’origine le nom d’une ville de Palestine, au bord de la mer.Jaffa était jusqu’au début du XXè une ville (de Palestine) très prospère. On venait de tout le Moyen Orient et le Maghreb pour y travailler à la culture des oranges. Les orangeraies s’étendaient à perte de vue tout autour de la ville. Et chaque année c’était des centaines de milliers de tonnes d’oranges qui partaient du port de Jaffa vers l’Europe et surtout l’Angleterre, puissance occupante en Palestine à l’époque. Une véritable classe moyenne, arabe et juive y vivait.Le réalisateur Eyal Sivan part de ce fruit, l’orange, et nous raconte l’histoire de cette terre depuis la fin du 19ème siècle. Des révoltes arabes contre l’occupant anglais des années 20 et 30, à la propagande sioniste officielle qui s’approprie l’image de ce fruit, de la création de l’Etat d’Israël en 48 qui confisque les orangeraies, jusqu’à la construction du mur aujourd’hui pour lequel les bulldozers israéliens ont rasé les vergers, Eyal Sivan explore les archives, photographies, actualités filmées, peintures, et montre comment l’orange est devenue le symbole de l’idéologie sioniste.Aujourd’hui il n’y a plus d’orangeraies autour de Tel Aviv et Jaffa est devenu un quartier de la capitale israélienne, l'orange est Pour Eyal Sival le symbole d'un monde qui a disparu.

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