Un roman d’amour, mais aussi un grand roman politique et social sur la mémoire occultée d’un pays qui n’a pas accepté de regarder en face les trous noirs du récit national.

David Treuer
David Treuer © AFP / ULF ANDERSEN / Aurimages

Et la vie nous emportera

Lorsque Prudence meurt, en pleine guerre de Corée, il n’y a pas grand monde pour s’émouvoir du suicide d’une jeune indienne portée sur l’alcool et les brèves rencontres. Seul le vieux Félix, qui l’aimait comme sa fille, se souvient de son arrivée, l’été 1942, aux Pins, la belle propriété de la famille Washburne, où il était homme à tout faire. Sur les bords du lac Leech, dans le Minnesota, en bordure de la réserve Ojibwé, Les Pins font face à un camp de prisonniers allemands.

Et, le jour où Frankie, l’unique fils des Washburne rentre de Princeton pour les vacances, un détenu s’est échappé. Frankie et son ami d’enfance, Billy, un jeune ojibwé, se lancent à sa poursuite. Mais, tout occupés à leurs tendres retrouvailles, les garçons tirent au jugé et tuent une petite fille, la sœur de Prudence. A partir de ce drame, la vie de chacun va changer. La guerre va disperser les garçons sur les champs de bataille, les Washburne abandonner Les Pins où resteront seuls Félix et Prudence, murés dans le silence et l’attente.

David Treuer revient dans notre émission

En 2014, l’écrivain américain David Treuer était venu nous parler de son livre Indian Roads, formidable récit sur l’histoire des tribus indiennes à partir de l’arrivée des colons venus d’Europe, illustré par les propres aventures de sa famille, lui qui descend d’une mère ojibwé et d’un père père juif autrichien rescapé de la Shoah.

Aujourd’hui c’est avec un roman que David Treuer revient en France, Et la vie nous emportera, traduit par Michel Lederer pour Albin Michel.

Roman d’amour, dont le cœur est la passion interdite entre Frankie le garçon de bonne famille wasp, et Billy, le jeune indien broyé par la guerre.

Mais aussi grand roman politique et social sur la mémoire occultée d’un pays qui n’a pas, loin s’en faut, et on le voit aujourd’hui encore, accepté de regarder en face les trous noirs du récit national.

Toni Morrisson a adoré ce livre. David Treuer, lui, est aujourd’hui l’invité de l’Humeur Vagabonde; et il sera présent à Saint Malo, lors du Festival Etonnants Voyageurs qui se tiendra du 3 au 5 juin à Saint Malo

Réécouter L' Humeur vagabonde du 15 mai 2014, avec David Treuer

La programmation musicale :

  • Mariee Sioux : Icarus Eye
  • Seasick Steve : Maybe I Might

L'Humeur Vagabonde vous recommande vivement :

Ceux qui avaient choisi , une pièce de CHARLOTTE DELBO mise en scène Boris Herszbojn, à voir jusqu'au 14 JUIN 2017 au théâtre de la Contrescarpe -Paris 5ème :

Charlotte Delbo, c'était l'élégance et la gouaille. Le champagne. Les amis. La solidarité.

Sa pièce est l'histoire d'une femme qui perd tout dans la guerre mais sauvegarde sa tendresse.

La grande Histoire télescope cette histoire d'amour et de résistance.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un jeune couple de résistants, emprisonnés séparément, est réuni juste avant que l'homme ne soit exécuté. La femme sera déportée et en reviendra.

Vingt ans après la guerre, elle rencontre un homme ; il est Allemand. Que vont-ils se dire ? Dans la mesure où l'oubli est impossible, mémoire et pardon peuvent-ils coexister ?

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