Pour « Adagio, Mitterrand, le secret et la mort » au Théâtre de l’Odéon jusqu’au 10 avril.

En avril 1995, lorsque François Mitterrand parle de foi et de survie avec Bernard Pivot, il a sans doute en tête le pronostic des médecins lorsque fut diagnostiqué son cancer en juin 1981 : trois mois, au mieux trois ans. Quatorze années à la tête du pays, une réélection, deux cohabitations et quelques crises internationales plus tard, il a prouvé que les forces de l’esprit existent en effet, et qu’elles peuvent être plus fortes que le corps. Un temps du moins. Entendre, aujourd’hui, en ces temps d’abaissement du politique, de dépression nationale et d’angoisse de l’avenir, un dirigeant parler à notre intelligence plutôt qu’à nos tripes, c’est comme ouvrir la fenêtre lorsqu’on manque d’air. Le théâtre, les Grecs nous l’ont appris, c’est un lieu où l’on vient entendre des paroles nécessaires.

François Mitterrand, lorsqu’on lui demandait en quoi consistait la politique, répondait « c’est parler à des gens ». Il y a des lustres que le théâtre s’est approprié le politique pour le donner à voir en spectacle. C’était même avant que la politique ne soit que spectacle. Il faut, jusqu’au 10 avril, se rendre au Théâtre de l’Odéon à Paris, pour y voir et y écouter le formidable Philippe Girard dire le verbe mitterrandien, rassemblé et mis en forme par Olivier Py dans « Adagio, Mitterrand, le secret et la mort ». Etrange et fascinant spectacle, intelligent, burlesque, poignant, de bout en bout passionnant, jusque dans ses outrances. Du vrai et beau théâtre.

reportage

Reportage Vinciane Haudebourg Rencontre avec Philippe Girard. Quelques minutes avant la représentation, le comédien maquille son visage. Peu à peu le masque de Mitterand apparait.

Les références
L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.