En 2008, lors d’une manifestation qui se déroulait au Théâtre du Rond-Point à Paris, consacrée au Rire de Résistance, Marjane Satrapi, célèbre auteur de Persépolis, rappelait que, lorsqu’on est accablé par trop de douleurs, il est important, pour se sentir encore humain, de pouvoir rire ensemble. Quand la force et l’arbitraire écrasent, l’humour est la preuve que l’esprit, lui, demeure vivant. Les dictatures ne s’y trompent pas qui censurent, emprisonnent et, parfois, poursuivent par delà les océans les auteurs de dessins ou de caricatures, jugés offensants ou contraires à leurs dogmes. Pour avoir représenté Khomeiny en footballeur, Hassan Karimzadeh s’est ainsi retrouvé pour des années en prison.

Neyestani
Neyestani © Radio France

Mana Neyestani, lui, espérait être à l’abri. Après le durcissement du régime iranien en 2005, ce jeune et talentueux dessinateur de presse d’opposition s’est reconverti dans la BD pour enfants. Mais, en 2006, un dessin de cafard prononçant un mot banal, mais couramment utilisé par les azéri, entraîne des protestations, puis des manifestations de cette minorité qui s’estime discriminée par le pouvoir central. Lequel réplique à son habitude, provoquant de nombreux morts et blessés. Le responsable du dessin et le rédacteur en chef sont jetés en prison. Trois mois plus tard, libéré mais déjà reconvoqué par les services spéciaux, Mana Neyestani préfère s’enfuir. Un périple long, difficile, mouvementé de quatre années le mènera jusqu’en France, où l’accueille la Mairie de Paris. Lui et sa femme ont demandé l’asile politique et, pour tromper l’attente, il a raconté cette histoire kafkaïenne dans un superbe roman graphique intitulé « une métamorphose iranienne »,coédité par Arte et L’un et L’Autre.

Interprète : Nader Takmil-Homayoun

Le reportage de Judith Soussan :

Ancienne usine de brosses à reluire reconvertie en havre de paix pour journalistes exilés du monde entier, la maison des journalistes est un lieu tout à fait unique.

Dix ans maintenant qu’elle assure aux journalistes, pendant les 6 mois de leur séjour en son sein, tout ce qui va contribuer à leur bien-être moral et matériel : hébergement, soutien matériel, accompagnement administratif pour toutes leurs démarches et notamment leur demande d’asile ; mais aussi cours de français, sorties culturelles, organisation d’expositions… et enfin, un journal en ligne, « L’œil de l’exilé », afin que l’exil ne soit pas synonyme de silence, qu’il ne se transforme pas en double peine pour ces hommes et femmes en quête de liberté d’expression : un journal pour « reprendre la plume, le micro, le crayon du dessinateur ».

Petite visite guidée du lieu avec Darline Cothière, directrice, avant de faire la connaissance de Rustom Mahmoud, un écrivain journaliste syrien accueilli depuis peu par la maison des journalistes.

La maison des journalistes :

http://maisondesjournalistes.org/

L’œil de l’exilé :

http://loeildelexile.wordpress.com/

Rustom Mahmoud dans le Courrier international:

http://www.courrierinternational.com/article/2010/06/24/erbil-la-kurde-cultive-le-pluralisme

La programmation musicale :

- Bobby Womack, Please Forgive me heart

- Kourosh Yaegmaei, Gole Yakh

- Fred Deshayes, la vie Fofile

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