pour le documentaire Marseille entre deux tours avec Michel Samson et Jean-Louis Porte - en salles le 30 mars

J-Louis Comolli-affiche du film "Marseille entre deux tours"
J-Louis Comolli-affiche du film "Marseille entre deux tours" © Promenades Films / J-L. Comolli, M. Samson, J-L. Porte

Filmer la politique….Il fut un temps, rappellez vous, où nous trouvions cela passionnant.

Mais c’était un temps où nous imaginions encore qu’il y avait là, dans ces hautes sphères d’une démocratie fantasmée, des enjeux nous concernant et des mystères à percer.

Les illusions de ce genre se sont dissipées.

Aujourd’hui c’est, hélas, avec un ennui certain, dans le meilleur des cas, voire, dans le pire, avec un dégoût violent, que nous voyons revenir des échéances électorales qui verront à nouveau fleurir les discours démagogiques, les impossibles promesses, et l’insupportable arrogance d’une classe politique déconnectée de nos réalités.

Pour y survivre, et combattre le découragement, de plus en plus de citoyens cessent de regarder vers le haut et ouvrent les yeux sur ce qui se passe autour d’eux.

Solidarité, entraide, idées pour améliorer la vie de tous, fêtes, musique, balades, récupération, les associations et les belles initiatives se multiplient, permettant de retrouver le goût du vivre ensemble et, comme on nous l’avait promis autrefois, de changer la vie.

Depuis plus de vingt-cinq ans le réalisateur Jean-Louis Comolli et son complice, le journalisteMichel Samson, n’ont raté aucune des batailles politiques marseillaises. La succession de Gaston Defferre, les alliances roublardes de Jean-Claude Gaudin, les petites magouilles et grandes haines entre socialistes, l’émergence de nouvelles figures politiques dans les quartiers nord, tout cela ils l’avaient saisi sur la pellicule.

Mais, pour leur dixième film à l’occasion des municipales de mars 2014, l’envie d’aller voir ailleurs a été plus forte que l’attrait mortifère des éternelles querelles partisanes.

Entre les deux tours, ils ont déserté les permanences des candidats et sont allés parler à bâtons rompus avec des figures de la vie marseillaise : sociologues, créateurs d’évènements culturels, musiciens, arpenteurs des rues et des sentiers, poètes urbains.

Tous leur ont raconté leur vision de cette métropole, violente et attachante, belle et délabrée, chaleureuse et gangrenée par la pauvreté.

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Marseille entre deux tours c o-réalisé avec Jean-Louis Porte sera en salles mercredi 30 mars, et Jean-Louis Comolli est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde

Le reportage de Clément Baudet

Elle n'a pas filmé Marseille, ni les coulisses de la politique mais comme Jean-Louis Comolli elle enseigne aux Ateliers Varan, cette célèbre école du cinéma documentaire créée par Jean Rouch au début des années 1980. La réalisatrice Alice Diop fait partie de cette nouvelle génération de documentaristes qui continuent d'utiliser les outils du cinéma pour questionner le monde. Dans son dernier long-métrage, intitulé La Permanence, elle a filmé pendant un an des consultations médicales à l'hôpital Avicenne de Bobigny. Les réfugiés défilent derrière le bureau du Dr. Geeraert et racontent leurs maux de tête, leurs insomnies, comme autant d'expressions de la douleur de l'exil. Posée dernière le médecin, la caméra est à sa place. Comme pour reconnaître l'existence et les histoires de ces anonymes. Et si le pouvoir du cinéma documentaire était aussi de soigner ?

La Permanence a reçu lePrix de l’Institut français Louis Marcorelles lors du festival du Cinéma du Réel.Le film sera diffusé en avant-première le 1er Avril au Magic Cinéma à Bobigny.Le festival des films de femmes de Créteil à quant à lui primé Vers la Tendresse , un magnifique documentaire sur l'intimité amoureuse de quatre jeunes hommes de la banlieue parisienne, diffusé le 29 Mars au cinéma Le Max Linder à Paris en espérant très vite des diffusions dans d'autres salles de France.

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