pour son nouvel album BD Les équinoxes paru chez Aire Libre

Cyril Pedrosa - Les équinoxes
Cyril Pedrosa - Les équinoxes © Dupuis / Cyril Pedrosa

En 1927, Virginia Woolf commence à construire un roman qu’elle nomme alors Les Ephémères .

Comme elle l’écrit dans son journal, son projet apparaît comme un peu fou, et, en tout cas très ambitieux. Il s’agit pour elle de rendre le sentiment de la vie qui s’écoule, d’un esprit en train de penser, à travers les monologues de six personnages, qu’elle voit comme les différentes facettes d’une même conscience, entrecoupés de descriptions d’un paysage maritime saisi à différents moments de la journée, de l’aube au crépuscule.

Ce livre paraîtra finalement en 1931, sous le titre Les Vagues et l’auteur l’appellera un « poème-jeu » plutôt qu’un roman.

Marguerite Yourcenar le traduira, séduite par la profondeur et la beauté de cette œuvre complexe.

Cyril Pedrosa doit l’aimer également, lui qui publie ces jours-ci chez Aire Libre un roman graphique splendide, intitulé Les Equinoxes , dont la structure rappelle celle desVagues .

Découpé en quatre saisons, il nous fait entrer dans la tête d’une demi douzaine de personnages d’âges, de lieux et de métiers différents, qui tous affrontent la solitude et le désenchantement. Ils vont parfois se croiser, se frôler, reliés également par le regard d’une photographe qui saisit au vol les visages qui l’inspirent, comme le faisait Vivian Maier, dont l’œuvre prodigieuse fut découverte après sa mort.

Ouvrant les quatre saisons desEquinoxes, dans un dessin et des couleurs différents, un petit personnage venu du passé rattache poétiquement nos minuscules drames d’aujourd’hui au grand fleuve de la vie des hommes.

Cyril Pedrosa, qui nous avait déjà emportés voici quatre ans avec son Portugal , réalise ici un livre attachant, d’une grande beauté graphique et plein de tendresse pour ses personnages.

Cyril Pedrosa est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabond e.

Le blog de Cyril Pédrosa

Et aussi

Rencontre en vidéos avec le dessinateur dans son atelier à Nantes

Feuilletez quelques pages desEquinoxes, son dernier livre, paru dans la collection Aire Libre chez Dupuis

Le reportage de Elsa Daynac

Dans lesEquinoxes de Pedrosa, Une jeune femme apparait dans le bas des pages, et prend en photo un anonyme solitaire Se plongeant dans son histoire, ou tout du moins ce qu’elle pourrait être. Cette femme existe dans la vie réelle, et en fait, c’est un homme,

Constantin Mashinskiy. Quand il est arrivé sur Paris, il a entamé le projet : « 365 parisiens » Consistant à prendre chaque jour une photo d’un anonyme dans la rue. De ses photos naissent des histoires, Il était une fois Il et Elle, Des passants qui passent sur lequel son regard s’arrête. Il nous raconte son Paris et ses inconnus à une table de la ville, Posés sur la table, son Leica, mon nagra.

http://365parisiens.tumblr.com/

Extraits sonores diffusées ce soir

Lecture du Journal de Virginia Woolf par Edith Scob - 1929

Son travail sur les Ephémères (1er titre de son livreLes vagues ) : Que sera-t-il ?...Un esprit en train de penser

La vie elle-même qui s’écoule ….

ARCHIVE INA - « Ecrire : journal d’un écrivain : l’invention des Vagues » 19.03.1999 - France culture

Lecture du Journal de Virginia Woolf par Edith Scob - 1920

« Pourquoi la vie est-elle si tragique, si semblable à une bordure de trottoir au-dessus d’un gouffre….. »

ARCHIVE INA- « Ecrire : journal d’un écrivain :l’invention des vagues » 19.03.1999- France culture

Voix de John Meyerowitz et Vivian Maier

Extrait du documentaire : A la recherche de Vivian Maier, de Charlie Siskel (sorti en France en 2014)

Lectured'un extrait des Vagues de Virginia Woolf par Feodor Atkine : « Dieu soit loué qui nous a donné la solitude…. »

ARCHIVE INA- « Ecrire :journal d’un écrivain :l’invention des vagues » 19.03.1999 - France culture

Lecture d'un extrait des Vagues de Virginia Woolf par Olivier Claverie : Je sais l’éphémère de notre passage

ARCHIVE INA- « UN ETE DE LECTURES. Les vagues de Virginia Woolf » juillet 2012-- Adaptation : Juliette Heymann ,traduction :Cécile Wajsbrot - France culture

1ere diffusion novembre 2008 /« Feuilleton »

Lecture d'un extrait des Vagues de Virginia Woolf par Pierre Constant

« ….Le ciel est noir comme l’os poli de la baleine. Mais là-haut quelque chose s’allume ; est-ce une lueur de lampe, ou bien l’aurore ? Et quelque chose s’éveille : des oiseaux pépient sur un platane. Partout se répand le pressentiment de la naissance du jour. Je n’appelle pas ça l’aurore…. »

ARCHIVE INA- « Une vie une œuvre » 27.07.89-France culture

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