Pour « La vie sans fards » aux éditions Jean Claude Lattès

Un manque, un arrachement, une quête, un appel…Lorsqu’Aimé Césaire le dit, en 1965 ici, mais déjà dans son Cahier d’un retour au Pays Natal, ce besoin d’Afrique ne passe pas très bien auprès de la majorité des Antillais. Depuis la Troisième République et son école pour tous, le seul chemin de l’ascension sociale, de l’accomplissement personnel et de l’identité, c’est l’éducation et la culture, celle de la France. Et dans la bourgeoisie antillaise, noire et mulâtre, ce discours passe mal. Dans certaines famille, celle qui ont investi l’enseignement et la politique, on ne parle pas créole, on ignore les coutumes et même la nourriture locale.

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maryse conde © Radio France

C’est d’une de ces familles de « Grands Nègres » de la Guadeloupe qu’est issue Maryse Condé. Et c’est tout naturellement qu’à 16 ans, au milieu des années 50, en bonne élève, elle s’envole pour Paris préparer le concours d’entrée à Normale. Aujourd’hui Maryse Condé est un écrivain reconnu, longtemps enseignante à Columbia, l’image même de la femme forte, émancipée, qui a choisi d’aller vivre en Afrique au moment des indépendances par conviction politique. La biographie étonnante et passionnante qu’elle publie aujourd’hui chez Jean Claude Lattès, justement intitulée « la vie sans fards », détruit systématiquement cette belle image et rétablit une vérité autrement plus douloureuse et ambiguë : celle d’une jeune femme terriblement seule, abusée par les hommes, déçue par l’Afrique, politiquement déniaisée, mère débordée et défaillante, Maryse Condé devra tracer une autre route, celle qui mène à l’écriture.

Le reportage de Gladys Marivat :

Il y a dans le livre de Maryse Condé des interrogations communes à celle d'un écrivain américain que j'aime beaucoup, Eddy L. Harris. Né à Indianapolis dans les années 50, il a voyagé toute sa vie, a traversé le Mississipi et l'Afrique, du nord au sud, avant de parcourir les rues de Harlem et de Paris. De ses voyages sont nés les livres Mississipi solo , Harlem ou encore Paris en noir et black.

Qu'est-ce que signifie au juste être un écrivain noir américain ? Est-ce qu'on appartient toujours à un lieu, à un pays, à une couleur ? Eddy L. Harris s'est beaucoup cherché et finalement, c'est dans un petit village de Charente que je l'ai rencontré par une journée caniculaire du mois d'août. ### La programmation musicale :

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