pour sa bande dessinée Dispersés dans Babylone parue chez Gallimard

Jérémie Dres-Dispersés dans Babylone
Jérémie Dres-Dispersés dans Babylone © Gallimard / Jérémie Dres

L’Ethiopie, on le sait, mais sans bien comprendre pourquoi, est la terre promise des adeptes du mouvement rastafari apparu dans les années 30 en Jamaïque et popularisé aux Etats Unis autour de Marcus Garvey. Les rastas vénèrent comme un dieu le ras Tafari Makkonnen, couronné négus d’Ethiopie en 1930 sous le nom d’Haïlé Sélassié.

En 1966, au cours d’un voyage en Jamaïque (qui décidera de la conversion de Bob Marley) Sélassié accordera aux rastas des terres en Ethiopie, à Shashamane à 300kms au sud d’Addis Abeba, où viendront s’installer quelques centaines de ses adeptes qui prendront le nom de « Douze tribus d’Israël ». Car, selon la légende, Haïlé Sélassié, comme tous les rois d’Ethiopie, serait un descendant du roi Salomon et de la reine de Saba. Et donc lointainement juif. Ce que réfutent absolument les représentants de la petite communauté juive d’Ethiopie, comme Anbessa Tefera, que l’on vient d’entendre, s’exprimant en 2001 sur France Culture.

Légende ? Vérité historique ou simple proximité d’histoires pareillement tourmentées entre noirs africains déportés par l’esclavage et juifs pourchassés depuis la nuit des temps ? Le fait est que le raeggae, musique des rastas, utilise largement dans les paroles des chansons les références bibliques à connotation hébraïque.

Jérémie Dres , fondu de raeggae, artiste multimedia et déjà auteur d’une BD publiée en 2011 chez Cambourakis, Nous n’irons pas à Auschwitz , sur la permanence de la culture juive en Pologne, s’est rendu en Ethiopie et à New York pour enquêter sur la réalité de ces liens à travers l’histoire des rastas, des falashas (ces juifs éthiopiens qu’Israël a accueilli entre 1980 et 1990) et de la petite communauté juive d’Addis Abeba. Son livre, reportage dessiné plein d’humour et de fraîcheur, dans lequel il se met lui-même en scène, vient de paraître chez Gallimard sous le titre Dispersés dans Babylone.

Jérémie Dres est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

Le site de Jérémie Dres

jérémie makes art

Jérémie Dres-Nous n'irons pas voir Auschwitz
Jérémie Dres-Nous n'irons pas voir Auschwitz © Cambourakis / Jérémie Dres

Sa BD précédente Nous n'irons pas voir Auschwitz publiée aux éditions Cambourakis

www.nousnironspasvoirauschwitz.com

Le reportage de Cerise Maréchaud

Dans les années 60, période de profonde révolution sociale, politique et culturelle, le jazz et le blues ont soudain cédé la place à la fièvre du son Motown et son cortège de groupes en smoking et robes scintillantes.

Diana Ross and the Supremes, Smokey Robinson & the Miracles, Stevie Wonder, the Temptations, Marvin Gaye, Michael Jackson & the Jackson 5, Martha Reeves and the Vandellas...Des interprètes transformés en superstars grâce à la vision d’un homme, Berry Gordy, fils d’épicier afroaméricain, ouvrier automobile, boxeur et auteur de chansons.

Avec 800 dollars empruntés à sa famille, Berry Gordy s’est promis de créer une industrie musicale alliant efficacité, discipline et puissance de l’usine à l’excellente qualité de chaque « produit » : des chansons soul pop au rythme enlevé inspiré du gospel, aux paroles simples clamées en chœur sur un ton optimiste comme l’époque.

La Motown , c’est plusieurs centaines de titres mythiques dont l’influence a marqué l’industrie musicale mondiale, mais aussi les mentalités, faisant danser ensemble la jeunesse noire et blanche, dans un pays très profondément ségrégué.

Roy Harri s, arrivé à Détroit en 1962 à l’âge de 16 ans, nous raconte les années Motown .

Roy Harris
Roy Harris © Cerise Marechaud / Cerise Marechaud

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Aujourd’hui, Roy Harris est chauffeur de taxi dans les rues de Détroit, mais son cœur bat toujours pour l’ « entertainment » et la musique.

Chaque vendredi, dans un studio de Southfield, Michigan, il enregistre une petite émission dédiée au blues, visible sur Internet et qu’il tente de faire percer :"The Roy Soul Blues Show " sur Youtube.

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