En mai 68, alors que les étudiants européens défient joyeusement, et sans trop de risques, leurs dirigeants dans les rues, des jeunes gens du même âge ne se contentent pas de rêver à la révolution. Ils s’y exercent. Venus d’Amérique Latine, où les dictatures se ramassent à la pelle avec l’aide efficace de la CIA, ils entendent bien mettre en pratique les préceptes du Che qui voulait voir des centaines de « focos » naître et se propager sur le continent sud américain. Formés à la guerilla à Cuba, neuf d’entre eux plus un bébé de quelques semaines, embarquaient alors sur un cargo, l’Anna C., à destination de l’Argentine où l’armée avait confisqué tous les pouvoirs depuis 1966.

Laura Alcoba
Laura Alcoba © Gallimard

Sur l’Anna C., le bébé, une fille s’appelait Laura. C’est la seule identité dont elle soit certaine. Son nom, ainsi que ses faux papiers, ayant changé de nombreuses fois. Aujourd’hui, professeur de littérature espagnole à Nanterre, traductrice et écrivain, Laura Alcoba poursuit son travail d’écriture autour de ces mémoires en fuite. Après « Manèges », publié en 2007, où elle racontait ses souvenirs de petite fille vivant dans la clandestinité avec un groupe de Montoneros pourchassés par les escadrons de la mort argentins, elle signe aujourd’hui, chez Gallimard, « les passagers de l’Anna C. » récit incroyable et à peine romancé de l’aventure des « cinq de La Plata », bande de copains tout juste sortis du lycée qui décident d’aller s’enrôler à Cuba pour combattre aux côtés du Che en Bolivie.

Le reportage de Baptiste Etchégaray :

Le réalisateur Raoul Ruiz avait fui le Chili à la suite du coup d’Etat de Pinochet. Quand il est arrivé à Paris, il habitait un quartier du 12ème arrondissement, près de la rue du Rendez-vous, très commerçante. Il s’y plaisait beaucoup, au point qu’il a réalisé pour la télévision un documentaire sur ce quartier, lors des élections législatives de 1978, ce film s'appelle "De grands événements et des gens ordinaires". Nous étions sous Giscard, la gauche pensait qu’elle allait enfin arriver au pouvoir, et puis finalement non, il faudra attendre mai 81...

Pendant toute cette campagne, intense, Raoul Ruiz a interrogé ses voisins, ses commerçants, notamment son marchand de journaux, Monsieur Chambon. Ce monsieur a disparu depuis mais ses enfants, Martine et Pascal, habitent toujours dans les environs. Ils se rappellent très bien du tournage, et surtout de Raoul Ruiz avec qui ils avaient même noué de chaleureux contacts à l'époque. 30 ans plus tard, retour sur les lieux du tournage, dans la librairie de la rue, sur les traces de Raoul Ruiz…

La programmation musicale :

- Claire Denamur, Rien en moi

- Omara Portuendo, He perdido contigo

- Zita Swoon , Sababu

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