Pour « Le manteau de Proust »

Marcel Proust 1900
Marcel Proust 1900 © radio-france

Etes-vous déjà allé au Musée Carnavalet à Paris ? Si vous aimezMarcel Proust , la réponse est forcément oui. Dès l’entrée on les repère facilement, ces ombres chuchotantes, qui se pressent, émues, hésitantes vers le saint des saints, là où fut conçue l’œuvre la plus bouleversante de la littérature française, je veux parler de sa chambre, reconstituée presque telle qu’elle était lorsqu’il traça le mot fin au bas du dernier feuillet d'A la Recherche du temps perdu , quelques mois avant sa mort, dans ce petit lit aux montants de cuivre, le 18 novembre 1922. Le paravent chinois, le guéridon, les vilaines petites bibliothèques en bois sombre, et sur une table sa légion d’honneur qui lui fit tant plaisir. Il y a des années un vieux manteau noir élimé doublé de loutre était jeté sur le dessus de lit en satin bleu nuit. Aujourd’hui la célèbre pelisse du petit Marcel dort dans les réserves du musée, il faut une autorisation spéciale pour la voir.

Lequel d’entre nous, fous de cette histoire, n’a rêvé d’avoir l’argent nécessaire pour acquérir une petite babiole, un bout de papier, une paperolle touchée par les mains fines et pâles de l’asthmatique le plus célèbre au monde ? C’était en 1983, le bibliophile et collectionneur Jacques Guérin dispersait sous le marteau de Me Tajan ses précieux trésors parmi lesquels d’inestimables reliques proustiennes accumulées en soixante années de traque. Lorenza Foschini, aujourd’hui directrice adjointe à la RAI, est, faut-il le préciser, une passionnée de Proust. Elle publie aujourd’hui aux éditions Quai Voltaire le récit incroyable de la bataille opiniâtre menée par Jacques Guérinpour sauver de la destruction les objets personnels et la correspondance de Marcel Proust dont son acariâtre belle sœur avait décidé de se débarrasser.

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