[scald=12021:sdl_editor_representation]Ainsi donc, si l’on en croit une lettre adressée à Louise Colet, Gustave Flaubert commettait aussi le péché d’humilité ! Ce diable d’homme-plume n’en était pas à une contradiction près. Orgueilleux conscient de ses échecs, débauché capable de vivre dans la chasteté, affirmant à tout propos son « désengagement » en tant qu’écrivain et homme, pour mieux semer ses propres émotions, colères, dégoûts dans chacune de ses pages, soignant sa réputation de réactionnaire pour mieux dénoncer l’horreur de la répression bourgeoise en 1848. Diable d’homme qui échappe, derrière ses milliers de pages noircies, raturées, polies et repolies, à toute définition exhaustive, à tout étiquetage rassurant, à toute exégèse définitive. D’ailleurs, plus Pierre-Marc de Biasi écrit sur son grand homme, moins il en a fini avec lui ! Plus il se replonge dans les Carnets de travail de l’ours de Croisset, dont il a assuré l’édition critique, ou sa correspondance, ou ses récits de voyage, moins il semble assuré d’en avoir saisi le secret, déchiffré le mystère. On ne compte même plus les livres, préfaces, articles, commentaires qu’il lui a consacrés. Et le dernier paru, chez Grasset, « Gustave Flaubert, une manière spéciale de vivre », parvient à nous passionner autant que le premier. Pour Flaubert l’œuvre était tout, l’auteur rien. Il ne péchait pas que par humilité, donc. Mais on s’en doutait bien un peu déjà… Pierre-Marc de Biasi est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.Martine Abat : "Le dictionnaire des idées reçues" de Gustave Flaubert a été publié pour la première fois en 1910. Il s'agit d'un texte inachevé qui devait figurer en annexe de "Bouvard et Péchuchet", les deux savants étant, dans le roman, les auteurs de ce lexique satirique. Flaubert a commencé à y réfléchir et à recueillir ces idées reçues dès les années 1850. Mais ce n’est qu’en 1877/79, lorsqu’il écrit Bouvard et Pécuchet, qu’il va vraiment se remettre à y travailler. On y trouve des clichés, (sur les femmes, les étrangers, la politique, les grands hommes…), des calambours, des plaisanteries absurdes ou lestes, destinées à « ahurir le lecteur », mais aussi à le mettre face à ses propres préjugés, à sa propre "bêtise". Ce dictionnaire contient aussi de nombreuses références à la propre vie de Flaubert (articles sur la médecine, les juristes, la littérature…) et à ses romans, dans lesquels on retrouve d’ailleurs certains de ces clichés dans la bouche de la bourgeoisie qu’il croque. Renc

programmation musicale

Benjamin Biolay

La superbe ### Melody Gardot

Baby I'am a fool ### liens

Flaubert, revue critique et génétique

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.