Bramly Orchidée fixe
Bramly Orchidée fixe © Radio France

Déconcertant, provocateur… alors même qu’il est exposé dans les plus grands musées du monde et que les quelques très rares œuvres de lui en circulation ont atteint des sommes faramineuses en vente publique, Marcel Duchamp demeure un artiste toujours aussi irritant que du poil à gratter. Inventeur du ready-made, il proclamait que n’importe quoi devenait une œuvre d’art s’il en décidait ainsi, et, surtout, dès qu’il y apposait sa signature. Pour André Breton il était « l’homme le plus intelligent du siècle ». Pour les nazis qui déferlaient sur la France en 1940, il représentait aussi l’art dégénéré qu’ils entendaient bien éradiquer.

Le 21 mai 1942, après avoir attendu, comme tant d’autres intellectuels désireux de quitter la France, un visa américain, Marcel Duchamp embarque à Marseille sur le Maréchal-Lyautey à destination de Casablanca. Il y restera trois semaines avant de réembarquer sur un autre bateau qui le conduira aux Etats-Unis. Quelques jours entre deux vies sur lesquels il n’y a jamais eu le moindre éclairage de ses biographes. Seul un écrivain pouvait s’en emparer et mettre des mots sur ses rêveries. Serge Bramly l’a fait avec Orchidée fixe , publié chez JC Lattès, qui imagine l’improbable rencontre entre Duchamp et un petit groupe de juifs marocains, ostracisés par Vichy, qui tuent le temps en jouant aux cartes dans un troquet nommé Eden. Une rencontre qui changera la vie de certains d’entre eux.

Le reportage de Baptiste Etchegaray :

A son arrivée à Casablanca, Marcel Duchamp demande dans quel café de la ville il peut jouer aux échecs , sa grande passion. A l'Eden , bien sûr ! Bon courage à qui chercherait aujourd'hui à Paris pareil repaire... Les échecs (une quarantaine de clubs dans la capitale) se pratiquent désormais dans des petites salles éclairées au néon, voire sur Internet. Il n'est pas rare non plus de croiser des joueurs concentrés dans un bâtiment.. de l'Hôpital Saint Louis ! C'est là qu'ont lieu les tournois du Club 608 fondé par le jovial André Clauzel, ancien employé de l'hôpital et bien décidé à transmettre le virus des échecs.

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