Aurions-nous compris tout de travers ? Pour la plupart de ses admirateurs, Edvard Munch, jusqu’à aujourd’hui, était l’exact pendant en peinture de ce que le danois Kierkegaard fut à la philosophie : un travail sur l’angoisse existentielle, le sentiment du néant, de la finitude, exacerbé jusqu’au cauchemar, à la folie. « Le Cri », son plus célèbre tableau, dont il peignit cinq versions, a d’ailleurs toujours été présenté comme une illustration paroxystique de la souffrance humaine. Né en 1863, l’artiste norvégien, contemporain du symbolisme, et admirateur de Mallarmé, fut tout naturellement catalogué dans ce courant à ses débuts, évoluant par la suite vers l’expressionnisme.

affiche Munch
affiche Munch © Centre Pompidou

Clément Chéroux, et Angela Lampe, tous deux commissaires de l’exposition que le Centre Pompidou consacre à Munch, sont d’un avis radicalement différent : pour eux, cet ami d’August Strindberg et de Max Reinhardt, passionné par la photo, la radio, le cinéma et les sciences nouvelles, fut un précurseur de l’art moderne à la fin du XIXè siècle. Torturé, certes, par des épreuves personnelles qui le conduisirent au bord de la folie, Munch, après un séjour en clinique en 1909, s’ouvrit ensuite au monde extérieur, à la nature, aux scènes de la vie réelle, et à leurs représentations nouvelles. C’est ce que cette superbe exposition en douze séquences a pour ambition de nous démontrer. « Edvard Munch, l’œil moderne » est à visiter au Centre Pompidou jusqu’au 9 janvier.

Reportage Martine Abat :

Visite de l'exposition avec Clément Chéroux, co-commissaire de l'exposition, plus particulièrement chargé des photographies et du cinéma. L'essentiel des photographies prises par Munch sont des autoportraits. Autoportraits où il pose au côté de ses toiles, autoportraits de trois-quart, comme pour capter l'angle mort de son visage. Il se sert de la photographie et du cinéma, comme d'une nouvelle palette, pour y explorer des effets qu'ensuite il utilise en peinture, des effets de flous, de mouvement, de superpositions.

catalogue munch
catalogue munch © Radio France / Centre Pompidou

Le catalogue de l'exposition est édité par le Centre Pompidou. Un numéro de Beaux Arts Magazine consacré à l'exposition disponible en kiosque.

A signaler aussi la biographie Munch, les couleurs de la névrose de Atle Naess qui sort aux éditions Hazan.

La programmation musicale :

- Little Dragon, Ritual Union

- Daphné, Où va Lila Jane

- Anja Garbarek, The last trick

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Edvard Munch, l’oeil moderne

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