pour Le chapiteau vert - traduit par Sophie Benech-publiéchez Gallimard

Ludmila Oulitskaïa-Le chapiteau vert
Ludmila Oulitskaïa-Le chapiteau vert © Gallimard / Ludmila Oulitkskaïa

En 1953, alors que Joseph Staline vit ses derniers jours dans une atmosphère de terreur exacerbée, trois gamins, camarades de classe, vont à la découverte de leur ville, Moscou, entraînés par leur professeur de lettres qui leur fait découvrir les lieux dont ont parlé poètes et écrivains, mêlant la vie de ceux-ci, généralement tragique, à celle de leurs personnages.

Cet amour passionné des livres va lier à tout jamais Ilya, le fils de prolo, courageux et rebelle, Micha, le poète, rouquin et juif donc doublement ostracisé, et Sania, musicien fragile, dernier rejeton d’une famille aristocratique.

Ces trois amis vont traverser le demi-siècle qui va connaître la découverte de l’ampleur des crimes de la dictature stalinienne, l’agonie du communisme, le mouvement des dissidents et la chute de l’URSS.

Amours et trahisons, engagements et répression, espérances et renoncement, leur histoire est celle de la génération qui est passée de l’illusion au désenchantement en tentant de survivre à ces « temps meurtriers ».

Avec ce Chapiteau Vert traduit du russe par Sophie Benech, paru chez Gallimard,Ludmilla Oulitskaïa , belle figure de la littérature russe, nous donne son grand roman, celui qui fait songer à Tolstoï ou à Vie et Destin de Vassili Grossman.

C’est de sa propre génération qu’Oulitskaïa nous parle, celle des enfants et petits-enfants de déportés, de fusillés, de persécutés, qui n’ont survécu que par la mémoire de leur histoire, pieusement transmise par quelques uns, l’amour de la littérature, de la poésie, de la musique, et la faculté de se créer des parcelles de liberté et de pensée autonome. Ils s’appelaient les dissidents et faisaient circuler les mots sur du papier pelure comme autant de bouteilles d’oxygène.

Roman foisonnant, où se mêlent, comme dans les vagabondages du professeur de littérature d’Ilya, Micha et Sania, personnages réels et de fiction, Le Chapiteau Vert nous raconte, mieux que tout essai savant, ce que ce fut et ce que c’est aujourd’hui être russe.

Ludmilla Oulitskaïa est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde . Alissa Kats sera notre interprète.

Le reportage de Gladys Marivat

Dans Le chapiteau vert , Micha fait la rencontre de Tatars et, parce qu’il va leur parler, accepter de les aider, de les héberger, le régime soviétique trouvera là une nouvelle raison de le persécuter et de le déporter.

Le roman de Ludmila Oulitskaïa commence le jour de la mort de Staline, le 5 mars 1953. A cette date, les Tatars originaires de Crimée ont été déportés.

C’était le 18 mai 1944, une date qu’Angéla , une jeune Tatare que j’ai rencontrée à Paris, ne parvient pas à oublier. Plus de 100 000 morts. Pour elle, c’est un génocide qui ne dit pas son nom.

Angéla vit à Paris depuis ses 25 ans et son don pour les langues lui a permis de devenir traductrice. La Crimée, elle y retourne une fois par an passer du temps avec sa mère pendant deux à trois mois.

Cette année, le Conseil supérieur de Crimée a restauré les droits des Tatars, puis la Crimée est devenue russe. Mais pour Angéla, rien n’a changé pour les Tatars.

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