Dès les premières répliques, le ton, le rythme, le propos, tout est là. Avec Goldoni, et ce chef d’œuvre de précision et de cruauté qu’est La trilogie de la villégiature, il n’y a aucun temps mort, aucune digression : les personnages, tous bourgeois avides de paraître, préoccupés uniquement de plaisirs vides et du qu’en dira-t-on, sont campés avec une efficacité éblouissante. On rit beaucoup du cynisme, de l’égoïsme, des mensonges minables de cette petite humanité qui traite mal ses domestiques, méprise ses créanciers, se donne de grands airs aristocratiques, alors même qu’elle court à sa perte. Mais la comédie se termine en marche funèbre.

Alain Françon
Alain Françon © Comédie Française

En plein milieu d’un cycle Tchekov –la Cerisaie en 2009, les Trois Sœurs en 2010 et Vania cette année- Alain Françon nous offre en ce moment, et jusqu’au 12 mars, à la Comédie Française, une superbe Trilogie de la villégiature, servie par des acteurs au meilleur de leur art, Eric Ruf, Laurent Stocker, Michel Vuillermoz, Anne Kessler, Danièle Lebrun, Georgia Scallet. Et la nouvelle traduction, signée Myriam Tanant, fait sonner le texte avec allégresse et modernité. Goldoni, comme un reflet déformé de la fin du monde tchékovien ?

Le reportage de Perrine Malinge :

  • Rencontre avec trois des comédiens du spectacle: Giorgia Scalliet (Giacinta); Laurent Stocker (Lenoardo) et Hervé PIerre (Filippo)

  • Et avec Jacques Gabel , scénographe. Il travaille avec Alain Françon depus 1990.

La programmation musicale :

- Emilie Simon, Mon chevalier

- Leonard Cohen/Philip Glass, I can't make the hills

- Lippie, Little word

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