Le réalisateur Lam Lê est ce soir l'invité de l'Humeur Vagabonde, pour "Công Binh la longue nuit indochinoise", en salles à compter d'aujourd'hui.

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lam le © Lam Le

Il s’appelle Nguyen Van Thanh et, comme ses compagnons d’infortune encore en vie aujourd’hui, il a passé les 90 ans. A la veille de la seconde guerre mondiale, dès 1939, l’Etat français décide d’enrôler de gré ou de force des hommes à travers tout l’empire, pour renforcer les troupes, mais aussi pour remplacer dans les usines d’armement les Français partis au combat . En Indochine, ils seront 20.000, envoyés à fond de cale vers une « mère patrie » dont ils ignorent tout, à commencer par la langue . Pendant l’Occupation allemande, Vichy récupère cette main d’œuvre gratuite qui sera exploitée dans des conditions indignes.

Ces hommes sont les « Công Binh », ce qui veut dire « ouvriers soldats ». Mais au Viet Nam ils sont appelés « Linh Thô », qui signifie soldat-ouvrier. Une nuance de taille .A la fin de la guerre les survivants, tous partisans de Ho Chi Minh, auront beaucoup de mal à regagner leur pays natal où la guerre d’indépendance a éclaté. Considérés comme des traîtres par leurs compatriotes, ignorés par la France, leur incorporation forcée ne sera jamais ni reconnue ni indemnisée. Le réalisateur Lam Lê leur consacre un film qui sort aujourd’hui en salles. « Cong Binh, la longue nuit indochinoise » mêle les images d’archives aux témoignages d’une poignée de survivants interrogés en France et au Viet Nam.

Synopsis du film

A la veille de la Seconde Guerre mondiale, 20.000 Vietnamiens étaient recrutés de force dans l’Indochine française pour venir suppléer dans les usines d’armement les ouvriers français partis sur le front allemand. Pris à tort pour des soldats, bloqués en France après la défaite de 1940, livrés à la merci des occupants allemands et des patrons collabos, ces ouvriers civils appelés Cong Binh menaient une vie de parias sous l’Occupation. Ils étaient les pionniers de la culture du riz en Camargue. Considérés injustement comme des traîtres au Viet Nam, ils étaient pourtant tous derrière Ho Chi Minh pour l’Indépendance du pays en 1945.Le film a retrouvé une vingtaine de survivants au Viet Nam et en France. Cinq sont décédés pendant le montage du film. Ils racontent aujourd’hui le colonialisme vécu au quotidien et témoignent de opprobre qui a touché même leurs enfants. Une page de l’histoire entre la France et le Viet Nam honteusement occultée de la mémoire collective.

Pierre Daum
Pierre Daum © Editions Solin

Le film "Công Binh la longue nuit indochinoise" de Lam Lê__ est inspiré du livre du journaliste Pierre Daum: "Immigrés de force, les travailleurs indochinois en France (1939-1952)" , paru le 20 mai 2009 aux éditions Solin (Actes Sud). La préface est signée Gilles Manceron.

Avec le reportage de Baptiste Etchegaray

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rire © Radio France / Yue Minjun

La Fondation Cartier, à Paris, convie les visiteurs à une exposition surprenante. Imaginez des murs entiers recouverts de grandes peintures où, à l'intérieur, on ne voit que des personnages en train de se bidonner, se tordre de rire, ils vous regardent, hilares, et ne peuvent plus s'arrêter ! Déstabilisant pour le visiteur, surtout que ces visages sont tous identiques, démultipliés, comme dans un mauvais rêve... Cet homme qui rit à l'infini, c'est Yue Minjun, artiste chinois, chef de file du "réalisme cynique", qui se moque et dénonce, derrière les sourires de façade, les outrances du régime communiste. L'exposition "Yue Minjun, l'ombre du fou rire" à la Fondation Cartier, à Paris, est à voir jusqu'au 17 mars 2013.

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Toutes les informations sur l'exposition "Yue Minjun, l'ombre du fou rire"

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