pour son romanLes lois de la frontière paru chez Actes Sud

Traduit de l’espagnol par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic

Javier Cercas-Les lois de la frontière
Javier Cercas-Les lois de la frontière © Actes Sud / Javier Cercas

Ignacio Canas, un gamin de seize ans, fils d’un petit fonctionnaire de Gérone, subit depuis des mois, sans se révolter, brutalités et humiliations à son lycée. En 1978, trois ans après la mort de Franco, l’Espagne n’est pas sortie de la dictature, même si celle-ci s’effiloche lentement.

Durant l’été, pour fuir ses tortionnaires, Canas va s’aventurer dans les bas quartiers, où règne « la racaille de la racaille », de l’autre côté de la rivière, un monde inquiétant et attirant à quelques centaines de mètres de chez lui. Rencontrant le fascinant Zarco et sa bande, qu’il va rapidement intégrer, il va ainsi franchir la frontière entre la norme et le risque, le légal et l’illégal, la soumission et la révolte.

Sauvé de justesse de la prison après un braquage raté, l’adolescent va reprendre ses études et devenir un avocat réputé, remisant au fond de sa mémoire ce passé que chacun ignore.

Jusqu’au jour où, vingt ans plus tard, Zarco, devenu le prisonnier le plus célèbre d’Espagne, va faire appel à ses services pour le sortir de prison.

Trois ans après Anatomie d’un instant ,Javier Cercas revient avec un livre aussi vertigineux que le récit du coup d’état raté du colonel Tejero en 1981, un roman qui lui aussi décortique les failles de la mémoire, les différentes lectures d’une même vérité, et la fascination des foules pour les héros ambigüs. L’histoire de Zarco, bandit au petit pied, devenu grâce aux media un Robin des Bois de l’après franquisme, est racontée à trois voix : celle de Canas, habitée par la culpabilité de s’en être sorti, celle de Cuenca, le policier qui l’a arrêté, désabusé et lucide, celle du directeur de la prison qui analyse finement le décalage entre la personne réelle du prisonnier qu’il côtoie, et le personnage de Zarco qui n’existe que dans le récit public.

Les lois de la frontière, traduit par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic, vient de sortir aux éditions Actes Sud, et c’est un livre passionnant et subtil.

Javier Cercas est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

Javier Cercas-Anatomie d'un instant
Javier Cercas-Anatomie d'un instant © Actes Sud / Javier Cercas

Anatomie d'un instant de Javier Cercas (2010)

Le reportage d'Elsa Daynac

Il en est de ceux qui brulent leurs adolescences devant le flipper d’un bar du quartier chinois de Gérone, trois ans après la mort de Franco.

Et avant ceux là, Il en fut de ceux qui passèrent leurs adolescences sous la dictature de Franco

Joan Fontcuberta est l’un de ceux-là !

Et aujourd’hui,

L’artiste catalan pose ses valises et ses histoires à la Maison Européenne de la Photographie de Paris avec son exposition Camouflages

Là, Fontcuberta se promène dans l’histoire de l’art et de la culture médiatique, trafiquant les réalités au moyen de l’outil Image. Et nous, c’est au bras – ou plutôt à la voix deMichel Poivert que nous allons nous promener dans les couloirs et les étages et les sous sols de la MEP. On se camoufle derrière le regard du spécialiste, et on y va...

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