Philippe Dagen ,commissaire de l'exposition « Hodler, Monet, Munch- Peindre l'impossible" est au micro de Kathleen Evin

Edvard Munch – Le Soleil – 1912
Edvard Munch – Le Soleil – 1912 © Oslo, Munchmuseet Photo © Munch Museum

Bon, et bien nous voilà prévenus, qui plus est par le merveilleux critique d’art que fut Daniel Arasse, lui qui savait si bien nous parler de ses œuvres de prédilection : les simples mots ne peuvent donc jamais rendre compte de ce qui s’inscrit sur une toile, ni même de ce que nous ressentons lorsque nous nous y perdons dans une contemplation vibrante.

Indicible, ou plutôt innommable, au sens de « ce qui ne peut être nommé », cette émotion, ce remue-ménage intime qui nous arrête, nous suspend, hors du temps, hors de nous, devant un tableau. Les Nymphéas de Monet, évidemment, ont ce pouvoir ne nous faire littéralement perdre pied dans la couleur. Le Soleil d’Edvard Munch, dont l’explosion de couleurs semble nous aspirer vers le trou noir en son centre. Plus discrète, et pas moins hypnotique, est l’attraction douce mais irrésistible que provoque la contemplation d’une vue du lac Léman réalisée vers 1904 par le suisse Ferdinand Hodler, où le bleu de l’eau et du ciel donnent envie de se noyer dans cette sereine douceur.

Trois artistes qui ne se sont jamais croisés, qui ne se sont jamais cités, et dont l’approche très différente de leur art saute immédiatement aux yeux : Monet, Munch, Hodler, contemporains de cette aube du XXè siècle qui verra naître l’abstraction. Tous trois sont exposés côte à côte, avec une vingtaine de toiles pour chacun, sous l’intitulé

« Peindre l’impossible », dans le très beau musée Marmottan-Monet à Paris jusqu’au 22 janvier 2017.

C’est l’historien de l’art Philippe Dagen, dont on aime à lire les toujours passionnantes critiques dans Le Monde, qui nous propose cette approche de trois univers picturaux qui, par des moyens différents, ont affronté cet impossible, regarder le soleil en face et tenter d’en rendre les irisations sur l’eau et sur la neige. Le musée Munch d’Oslo a prêté des toiles étonnantes tandis que l’accrochage d’œuvres particulièrement intéressantes de Ferdinand Hodler permet à beaucoup de découvrir ce peintre peu connu en France. Philippe Dagen, qui publie ces jours-ci chez Gallimard « Artistes et Ateliers », consacré aux artistes contemporains, est aujourd’hui l’invité de l’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Vinciane Laumonier

Thibault et Juliette croisent leur regard et leur ressenti sur trois tableaux de l'exposition où les peintres Monet, Hodler et Munch se sont confrontés à la figure du soleil. Comment se déploient ses rayons, son halo, quelle attitude les artistes ont pris, quelles sensations se dégagent face au défi de peindre le soleil ...

Impression soleil levant, Monet

Le lac de Thoune et la chaîne du Stockholm, Hodler

Le soleil, Munch

La programmation musicale

The Divine Comedy:To the rescue

Bejamin Biolay Palermo queens

Rosemary Standley et l'Ensemble Contraste :It ain't necessary so 'Porgy and Bess)

Les archives de l'I.N.A.

Daniel Arasse: La peinture et l’innommable (extrait de la série Histoires de peinture- France culture , été 2003)

Pascal Bonafoux: Monet voulait peindre l’impossible (_Qu’importe le chemin - France Inter ,_22. 07.2012 Denis Cheissoux)

Christian Lasalle, : La barque de Monet (C’est comme à la radio ,Jean Piero -France Inter, 01. 08 .2004

Vincent Huguet: De même que Turner a inventé le brouillard sur Londres, Hodler invente la montagne suisse(La dispute-France Culture , 24.04.2013-Arnaud Laporte)

Les invités

Les références

Programmation musicale

  • BERTRAND BELIN

    "POUR UN OUI" INSTRU

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