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Pour _Anatomie d’un instant_ , paru chez Actes Sud. Le 23 février 1981, alors que le Congrès espagnol était réuni pour trouver un successeur à Adolfo Suarez, démissionnaire, un groupe de gardes civils a fait irruption dans l’hémicycle, armes au poing. Six ans après la mort de Franco, alors que le processus démocratique était encore bien fragile, l’armée renouait ainsi avec ses vieux démons. A 18H27, le lieutenant colonel Tejero, moustaches en crocs et bicorne luisant sur la tête, avait réussi son coup d’Etat. Dans leurs casernes, les militaires n’attendaient plus que le feu vert de leurs chefs pour s’emparer du pouvoir. Mais à 18H40, Juan Carlos, en grand uniforme, s’adressait à la nation pour désavouer les rebelles. C’était la fin du putsch, et l’acte de décès officiel du franquisme. Javier Cercas a, depuis son premier livre, toujours utilisé l’histoire comme matériau littéraire. La guerre d’Espagne, avec « Les soldats de Salamine » en 2002, comme la guerre du Viet Nam, dans « A la vitesse de la lumière » en 2006. Deux superbes livres dont il était venu, ici même, nous parler. Le revoici aujourd’hui avec « Anatomie d’un instant », 400 pages d’enquête sur ce coup d’état, raté certes, mais beaucoup plus complexe qu’on a voulu le croire alors. Enquête oui, car le romancier avoue avoir été vaincu par l’incroyable puissance romanesque de la pas si simple vérité. Ayant commencé un roman, il a finalement choisi le récit. Mais quel récit ! Celui, puissant, féroce, drôle, percutant d’un écrivain héritier de l’histoire sang et or des deux Espagnes. Javier Cercas est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde. ### **reportage** Retour sur les années de franquisme, telles qu'elles furent vécues par Manuel Cortes, le dernier maire républicain du village de Mijas. En attendant l'amnistie de Franco, il passa trente ans caché derrière une armoire, auprès de sa femme et de sa fille. Reportage de Caroline Gillet dans son petit village du sud de l'Espagne.
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