pour son livre Ce coeur changeant aux éditions de l'Olivier

Agnès Desarthe-Ce coeur changeant
Agnès Desarthe-Ce coeur changeant © Editions de l'Olivier / Agnès Desarthe

Débarquant seule et sans un sou en poche à Paris en 1909, Rose, qui ne connaît de la vie que ce qu’en racontent les romans d’aventures et les poètes, fait naïvement confiance au destin.

Sa mère, une aristocrate danoise égocentrique et nymphomane qui ne l’aime pas, l’a confiée très jeune à son père, militaire rêveur et maladroit, féru de Spinoza, parti en poste en Afrique.

Rose n’a été choyée que par sa nourrice, Zeralda, qui lui a appris à faire la cuisine et tenir une maison.

Étrange petite créature, crédule et docile, qui va laisser les autres décider pour elle.

Passant de la rue, où elle manque mourir de faim et de maladie, à la vie facile avec Louise qui l’entraîne dans la bohème des années folles, Rose traverse la déchéance comme le luxe avec le même regard intéressé et bienveillant.

« Que n’ai-je un cœur à moi ce cœur changeant, changeant et puis encorque sais-je ». C’est dans un poème d’Apollinaire qu’Agnès Desarthe a trouvé le beau titre de son dernier livre, Ce cœur changeant , tout juste paru aux éditions de L’Olivier.

Hommage aux grands romans d’aventure qui ont bercé notre jeunesse, Alexandre Dumas, Thomas Hardy, Eugène Sue, Jane Austen, ce récit virevoltant, drôle, déchirant et mystérieux est une fabuleuse galerie de portraits de femmes, fortes et brisées, dures et compatissantes, insoumises et libres.

Sous l’apparence du roman d’apprentissage classique, dont elle se joue avec humour, Agnès Desarthe nous parle de sensualité, de solitude, de préjugés, d’amour changeant, de « vieilles âmes » et de l’odeur enivrante du crâne des bébés.

Agnès Desarthe est ce soir l’invitée de l’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Léa Minod

Rencontre avec Carole, nounou dans les grandes familles bourgeoises.

Carole est la Zelada d’aujourd’hui.

Un peu plus moderne : elle ne vouvoie pas « ses » enfants, jamais. Elle s’en est fait la promesse, même quand ils deviennent grands. Trop de distance quand l’affection déborde.

Une Zelada plus mouvante aussi que l’originale. Carole est déracinée environ tous les 4 ans. Un déménagement, un enfant qui grandit et elle quitte le foyer. Comme ça, aussi furtivement qu’un claquement de doigt.

C’est alors le cabinet de recrutement Au Service de Madame qui s’occupe de la placer dans des grandes demeures bourgeoises.

Mais depuis trois ans, Carole n’a plus d’enfants à garder, juste une maison dont elle s’occupe en silence, et comme un grand vide dans la poitrine.

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