Peter Harris a réussi sa vie. Parti de la banlieue sans grâce de Milwaukee, il est devenu l’un des galeristes les plus respectés de New York ; il a épousé Rebecca, fille d’une bonne famille de Richmond, éditrice d’art, et ils forment un couple heureux, installé dans l’un des quartiers les plus prisés de Manhattan. Seule ombre dans cette vie apparemment sans souci : leur fille, Bea, a pratiquement coupé les ponts avec eux, quitté l’université pour devenir serveuse dans un bar d’hotel à Boston. Arrivés tous deux à mi-vie, ils vont voir s’écrouler leurs certitudes lorsque le jeune frère de Rebecca, Mizzy, accro à la drogue, s’installe chez eux pour chercher vaguement une occupation qui lui conviendrait dans le secteur de l’art.

Crépsucule
Crépsucule © Belfond

Cinquième roman de l’écrivain newyorkais Michael Cunningham –dont « Les Heures » paru en 1999, couronné par le Pulitzer, a été porté à l’écran par Stephen Daldry- « Crépuscule » est un livre ironique et douloureux sur la perte des idéaux, l’effritement de l’amour, le pouvoir de l’argent et la quête sans espoir de la beauté. Tel le professeur Aschenbach dérivant dans Venise sur les pas du sublime Tadzio, Peter Harris va poursuivre sa chimère jusqu’au bord de l’abîme.

Interprète Xavier Combe.

Le reportage de Judith Soussan :

Dans Crépuscule , une question lancinante taraude Peter, à propos de Bea, sa fille : qu’a-t-il raté ? pourquoi cet éloignement ? à quel moment n’a-t-il pas su la comprendre ?

Cette douloureuse question, un fils tenta d’y répondre il y a longtemps : Franz Kafka, dans sa Lettre au père , texte complexe, ambivalent, où il décortique, analyse, décrit les ingrédients d’une mésentente.

Le texte est actuellement porté à la scène par Jean-Yves Ruf avec une interprétation de Jean-Quentin Châtelain. Ni malingre ni pâle, Châtelain n’est pas Kafka. Il est tous les fils, s’adressant à tous les pères…

Jusqu’au 11 février aux Bouffes du Nord à Paris

Puis notamment au Théâtre Vidy-Lausanne (14-26 février), à la Comédie de Valence, et au Centre national d’art dramatique de Tours (mars)

La programmation musicale :

- Tindersticks, Slipping shoes

- Claire Denamur, Rien de moi

- Antony and the Johnsons, Thank you for your love

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