Robert Bober, en adressant cette lettre-souvenir en hommage à son ami disparu qui a introduit les livres et la littérature à la télévision, fait aussi le récit éclaté, émouvant, de son existence

Portrait du réalisateur, metteur en scène et écrivain, Robert Bober.
Portrait du réalisateur, metteur en scène et écrivain, Robert Bober. © John Foley/P.O.L

Comment décrire, s’interroge Georges Perec, comment raconter, comment regarder et comment aller au-delà de ce que l’on voit… »

Ces phrases que l’on vient d’entendre, il les a écrites en 1979 pour le film « Récits d’Ellis Island » réalisé avec Robert Bober. Elles décrivent très précisément l’essence même de leur travail à tous deux. Quelque chose qui a à voir avec la mémoire, l’absence, le vide de certains lieux, et le désir, comme l’a écrit Perec, 

d’obliger les morts à être encore présents ». 

Et, comme il le dit en parcourant les bâtiments désaffectés de cet îlot en face de Manhattan qui a vu passer des milliers d’immigrants jusqu’en 1954, c’est évidemment quelque chose qui résonne avec le fait d’être juif , après l’anéantissement. Mais ce sont également des mots, des interrogations et des sentiments qui trouvent un écho en nous, héritiers de cette histoire-là.

Pierre Dumayet, l’inégalable questionneur d’écritures, qui nous a quittés en 2011, disait qu’il est important de lire des livres qui semblent connaître ceux qui les lisent. 

Comment mieux résumer nos bonheurs de lecture, ce moment si précieux où, en tournant les pages, on se sent en terre d’accueil, où l’on lit exactement ce que l’on ressent au plus profond de soi même. 

Ce même sentiment de fraternité qui nous envahit lorsque l’on se plonge dans le nouveau livre de Robert Bober,  Par instants, la vie n’est pas sûre , tout juste paru chez P.O.L. C’est, sous la forme d’une longue lettre à son ami Dumayet, une invitation à le suivre dans ses souvenirs, ses amitiés, ses lectures, ses dettes envers les amis disparus, tout ce qui l’a fait tel qu’il est aujourd’hui : un cinéaste et un écrivain qui, en nous racontant des histoires, avec une infinie délicatesse, parvient à nous rendre meilleurs que nous le sommes ou, du moins, à nous le faire croire…

Avec les voix de Pierre Dumayet, Marguerite Duras et Ruth Zylberman  (Archives INA)

A voir sur le site de l'INA 

A l'occasion des 50 ans de la création de "Lectures pour tous", première émission littéraire de la télévision, Pierre DUMAYET a sélectionné des rencontres d'écrivains réalisées durant les 15 ans de l'émission.

Pour aller plus loin:

Robert Bober de fil en aiguille : lettre-récit d’une vie et d’une amitié

Le magnifique Vienne avant la nuit  livre et également documentaire de Robert Bober 

La programmation musicale :

Talila: Oyfn Pripetshik,

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