Pendant deux ans, Pierre-Emmanuel Luneau-Daurignac a recueilli, à travers cinq pays, des témoignages qui démontrent que les violences sexuelles dans le sport ne sont pas le résultat de dérapages ponctuels, mais sont révélatrices des dérives de tout un système.

Deux ans d’enquête en France, au Royaume Uni, en Espagne, en Allemagne, aux Etats-Unis sur un seul et même fléau : celui des violences sexuelles commises dans le sport. De multiples scandales ont éclaté et, à chaque fois, c’est l’omerta entretenue par de puissantes fédérations qui est visée : "En 2009, on disait déjà que l'omerta se brise. Mais elle met vraiment du temps à se briser. Donc il faut croire qu'elle est vraiment solide. Je pense que c'est loin d'être terminé."  

Comparativement à ce qu'on voit en Angleterre ou aux Etats-Unis, la libération de la parole en France est relativement modeste.

Le journaliste Pierre-Emmanuel Luneau-Daurignac travaille sur ces sujets depuis près de quinze années. Il nous dira si la médiatisation de ces abus a facilité les investigations dans le secteur, s’il a aidé les victimes à parler et surtout, s’il a contribué à mieux encadrer la relation qui unit un enfant à son entraineur pour le pire autant que pour le meilleur.

"Dans le pourcentage faramineux des victimes que l'on trouve, plus on monte dans le haut niveau dans le sport, plus il y a de victimes" raconte le journaliste au micro de Sonia Devillers. Il explique également que les sacrifices faits par la famille pour l'enfant et pour qu'il s'épanouisse dans le sport qu'il pratique peuvent également conditionner son silence face aux abus. Certains attendent la mort de leurs parents pour parler de ce qu'ils ont vécu, afin de les protéger de ces révélations qui peuvent être destructrices. Un enfant sur trois affirme Pierre-Emmanuel Luneau-Daurignac aurait été abusé.

>> "Violences sexuelles dans le sport, l’enquête" est diffusée ce soir à 20h50 sur Arte, et dès à présent sur arte.tv

Cession de Libération à un fonds de dotation : inquiétude au sein de la rédaction

Altice, la maison-mère du journal, a annoncé simultanément un vaste plan d’économie et de licenciement. Et, surprise, la volonté de transférer Libération au sein d’une fondation. Sur le papier, on annonce une entité financée par Altice, qui garantira l’indépendance du journal à l’avenir. 

Dans la réalité, un transfert qui s’est fait au pas de course et qui inquiète beaucoup le personnel de Libération. Leur propriétaire est-il en train de se débarrasser du journal en rase campagne ? Les journalistes ont publié hier un communiqué témoignant de leur inquiétude. 

  • Légende du visuel principal: Violences sexuelles dans le sport : l'enquête évènement d'Arte © Getty / Robin Skjoldborg
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