Dominique Nora passe le relais à Cécile Prieur, jusque là directrice adjointe de la rédaction du "Monde". L'occasion de s'interroger sur la situation du journal, sur sa ligne éditoriale, et plus largement sur l'état de la presse magazine en France.

Mon invitée a grandi sous Giscard, mais elle est née sous Pompidou ! Elle s’appelle Cécile Prieur. Journaliste au Monde depuis 25 ans, directrice adjointe de la rédaction du quotidien, Cécile Prieur vient d’être nommée à la tête de l’OBS. Hebdo robuste qui – avant le Covid – se portait plutôt bien tout en souffrant de faire moins de bruit que d’autres, d’être moins bien identifié politiquement que d’autres. Dans un climat médiatique et politique franchement électrique, comment reprendre une part de voix quand on se revendique d’une gauche plutôt centriste et d’un journalisme raisonné ? En clair, comment faire du bruit quand on est bien élevé ?  

Auparavant, je vous propose de revenir au 29 mai 1974, cinq jours après l’investiture de Valéry Giscard d’Estaing. A l’issue du Conseil des Ministres, le nouveau chef de l’Etat déclare : « En ce qui me concerne, il n’y aura pas de saisie de la presse, même s’il y a des attaques contre le président de la République. »

A quoi Giscard fait-il référence ? Au délit d’offense. Un héritage du crime de lèse majesté pour les uns, un rempart pour protéger la République, selon les autres. Toujours est-il que De Gaulle a abondamment utilisé le délit d’offense pour traîner les journaux devant les tribunaux.
Parmi les réformes et les grandes ruptures affirmées illico par Giscard, il y a donc la fin du délit d’offense. 

Libération vient tout juste de naître, le quotidien fondé par Jean-Paul Sartre a été lancé un an auparavant. Serge July en devient le patron. Il vient nous en parler ce matin.  

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.