Trois personnages puissants magistralement campés dans leur complexité, trois acteurs au sommet : Kad Merad, Anna Mouglalis et François Morel, ils sont éblouissants. La saison 3 de Baron noir est un sommet d'écriture. On en parle avec Eric Benzekri qui co-signe la série avec Jean-Baptiste Delafon.

Affiche de la saison 3 de "Baron noir" d'Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon
Affiche de la saison 3 de "Baron noir" d'Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon © Canal +

Dans cette saison inédite, après avoir agis dans l'ombre, Le Baron Noir décide de se présenter aux élections présidentielles, autour desquelles tout se détermine. Eric Benzekri poursuit la fiction politicienne en mêlant le sort des partis et de leurs dirigeants dans un contexte très actuel qui ne manque pas d'éveiller le sens politique du spectateur, sinon du citoyen, comme s'il vivait les enjeux et les ressorts d'une élection mais vue de l'intérieur du corps politique.

Le Baron Noir, lundi 10 février à 21h sur Canal

La bande annonce

Sonia Devillers : "La France était jusque-là réticente aux séries politiques, c'était un genre timoré, foiré, voire maudit à la télé. C'est quelque chose qui a décollé cette année ?" 

Eric Benzekri : "Oui, il y a quelque chose de nouveau et je pense que c'est parce que la France elle-même est dans une grande période de politisation avec l'effondrement des appareils traditionnels mais en même temps, la repolitisation de la population. Il y a une appétence pour la politique, il y a une envie, un besoin parce qu'on sait plus trop où on est".

J'ai d'abord voulu m'adresser aux citoyens, pour essayer de leur donner quelques éléments du débat pour qu'eux-mêmes tranchent, parce qu'on ne sait plus où on va.

Sonia Devillers : "Vous poussez votre personnage jusqu'au bout de ses retranchements politiques et jusqu'au bout de ses retranchements moraux. Qu'est ce qui vous a le plus inspiré ?"

Eric Benzekri : "J'ai regardé ce qui s'est passé en Italie ; j'ai regardé des meetings italiens ; j'ai regardé le Brésil ; j'ai regardé les premières déclarations de Coluche dans sa campagne présidentielle parce que c'est la matrice de ce genre de candidature. Et puis évidemment, Trump.

Il y a quelque chose qui se passe dans le monde entier. Il faut en parler.

Cette saison parle de la mise en tension entre, d'un côté, la démocratie représentative et de l'autre, "la démocratie des réseaux sociaux".

C'est-à-dire la mise en parole publique de plusieurs milliards d'individus en moins de dix ans, c'est considérable".

Sonia Devillers : "Vous réussissez un tour de force de peindre toute la noirceur, tout le cynisme, toute la haine en permanence. Vous peignez les combines, les reniements et au fond, vous les aimez, vos personnages ? Vous racontez la politique à travers des affects ?

Eric Benzekri : "Entièrement à 120 %. C'est ça, le jeu de la série. Quand on écrit, on n'a pas d'arches narratives jusqu'à la fin. On a simplement les quatre premiers épisodes et heureusement que Canal nous font confiance. Je leur dis ce qu'on va écrire et c'est ce qui va produire la tension nerveuse pour écrire jusqu'à la fin. La seule matière dont on dispose, c'est le monde politique. 

Mais la vraie matière qui guide l'écriture, c'est la matière humaine des personnages

C'est pour ça qu'il y a une sorte de double vision et qu'il y a des gens qui ne s'intéressent pas à la politique mais qui adorent Baron noir

Sonia Devillers : "Vous vous êtes débarrassé de ce qui pollue toutes les autres séries politiques, pour ne plus être que dans la politique politicienne ?" 

Eric Benzekri : "J'essaye de respecter les engagements des gens et c'est ces engagements qui font que ce sont des beaux personnages".

La suite à écouter...

Aller plus loin

🎧 RÉÉCOUTER - L'Instant M, Baron Noir (Saison 1) : Canal se risque à la série politique

🎧 RÉÉCOUTER - L'instant M, Baron noir (Saison 2), leçon de politique en série

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.