"Décolonisations", une fresque en trois volets, à contre-courant de l'histoire officielle des colonisateurs, est diffusée mardi soir sur Arte. Plusieurs histoires dont le documentaire ne fait plus qu’une avec un récit réalisé à la première personne du pluriel. "nous".

Le documentaire "Décolonisations" sur Arte

Arte, la chaîne du documentaire d’histoire. Arte, la chaîne miroir. Regarder le passé de l’Europe en son reflet cathodique. La télévision publique, lieu de débats, d’archives et de mémoire. Montrer ce que longtemps, souvent, on n’a pas voulu voir. Et parmi les sujets, le plus tu, donc le plus invisible, la colonisation et son immédiat pendant, le processus de décolonisation

Des premières colères populaires aux guerres d’indépendance, Arte propose une histoire de la décolonisation racontée par les peuples colonisés, non, comme il est de coutume, chez nous, en Europe, par les puissances coloniales. Pari ambitieux, il embrasse plusieurs périodes, plusieurs continents. Au risque de trahir des causes et des trajectoires qu’on ne peut pas mêler. Passionnante question du point de vue, des histoires globales et des histoires individuelles. 

Voici un tour du monde de la décolonisation racontée par les colonisés et non par les puissances colonisatrices. Tous les peuples colonisés parlant d'une seule et même voix. Un documentaire narré à la première personne du pluriel, c'est-à-dire "nous". C'est très inhabituel à la télévision, notamment sur Arte. On voit ce que ces peuples ont en commun dans leur passé. 

Ce documentaire "Décolonisations" en trois épisodes est diffusé dès demain soir sur Arte, et vous est présenté par Mark Boal et Karim Miské, aux côtés de l'historien Pierre Singaravélou.  

Extraits de l'émission

Une série mondiale du point de vue des colonisés

Karim Miské : "On a voulu faire une série mondiale qui puisse s'adresser à tout le monde. On est quand même à plusieurs décennies maintenant après la fin des empires coloniaux. 

Il est temps de regarder cela autrement du point de vue de ceux qui ont été les principaux concernés : non les colonisateurs, mais les colonisés

D'un point de vue narratif, il y a une sorte d'efficacité, de force dramatique bien plus grande du point de vue de ceux qui se battent pour se libérer car c'est le protagoniste qui vit le plus de conflits". 

Une histoire de destins individuels dans une histoire collective

Mark Boal : "Face à cet impérialisme collectif européen de la fin du XIXe siècle, la réponse est collective. Mais on oublie le fait qu'il y avait un internationalisme commun qui avait des liens qui se sont forgés entre tous ces personnages, entre toutes ces luttes". 

Karim Miské : "Les gens de cette génération y croyaient encore à cet internationalisme dont un des moments les plus frappants est la première conférence anti-impérialiste de Bruxelles en 1927. Il y avait Lamine Senghor, du Sénégal, et Nehru, de l'Inde, Messali Hadj, d'Algérie... Tous ces gens là ont joué un rôle important dans la libération de leur pays et ils étaient tous en contact, ensemble

Il y avait réellement toutes ces personnes là ont dit "nous", à ce moment là

Une multiplicité de personnages 

Mark Boal : "C'est à la fois une histoire de ces héros inconnus qui ont changé le monde, une histoire des élites qui se sont retournées contre les colons et une histoire du peuple. C'est une histoire de la majorité et dans cette majorité, il y a des femmes, il y a des Kényans, des Algériens... et des gens issus de toutes les classes sociales. Il y a des princesses et des rois. Mais il y a aussi des tirailleurs sénégalais etc.

Karim Miské : C'est une nécessité de recréer ce panthéon parce que ces autour de ces grandes figures que l'on peut toutes et tous se réunir [...] On s'est dit que c'était la manière la plus efficace de raconter cette histoire et faire en sorte que les gens puissent s'identifier à ces personnes. 

C'est une question d'identification et d'empathie

La suite à écouter...

  • Légende du visuel principal: Gandhi s’entretient avec Nehru, lors de la réunion du comité du Congrès de l’Inde à Bombay le 6 juillet 1946 © Getty / UPI
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