Delphine Minoui est correspondante du Figaro au Moyen-Orient. Elle signe un documentaire poignant, ou comment des livres sont sauvés après des bombardements.

Les histoires mots peuvent-elles être aussi des histoires d’images ? 

Les histoires de guerre peuvent-elles aussi être des histoires d’amitié ? 

Les histoires de mecs peuvent-elles aussi être des histoires d’amour et de poésie ? 

Attention film simple. Attention film sensible. 

Une bande de potes, pas toujours lettrés, s’en va déterrer des livres encore entiers dans les maisons bombardées de Daraya, en Syrie. Sur chaque couverture, ils écrivent le nom du propriétaire dans l’espoir de restituer l’ouvrage après la guerre. Seulement voilà, Daraya n’est plus. 

Ville fantôme. Sauf dans les souvenirs, sauf dans la nostalgie du pays, sauf sur les images que les copains se sont acharnées à tournées en même temps qu’ils créaient une bibliothèque. 

Extraits de l'émission

Delphine Minoui : "Tout a commencé par le biais virtuel en juin 2015 : une photo que j'ai trouvée sur Facebook qui les montrait entourés de murs de livres, avec une légende qui disait seulement qu'il s’agissait de la bibliothèque secrète clandestine de Daraya. C'est comme si je tombais sur la première pièce d'un puzzle. Et j'ai été happée par cette pièce".

"Il s'agissait de trouver un moyen de raconter, d'immortaliser une révolution d'abord, d'immortaliser un siège terrible qui a duré quatre ans. Les gens étaient bombardés, encerclés, ils n'avaient plus rien à manger, à un moment donné ils ne se nourrissaient que d'une soupe à base de feuilles qu'ils ramassaient dans les rues".

La bibliothèque s'est transformée en université clandestine.

"Ils ont toujours cherché à extraire des bribes de lumières, des chants d’espoir avec ce qu'ils avaient à portée de main. C'est quelque chose qu'ils ne nous disent pas dans le documentaire, parce qu'on ne pouvait pas tout dire, mais parfois lorsqu'il n'y avait rien à manger, ils dressaient une nappe traditionnelle au sol, ils s’assaillaient en tailleur, ils mangeaient une soupe dégoûtante, aqueuse, à base de feuille, et ils rêvaient aux plats que leurs cuisinaient leurs mamans."

"Il faut savoir que ces jeunes détestaient lire avant la révolution et que c'est la guerre qui les a encouragés à lire, parce que les livres parce que les livres sont devenus des refuges, une façon de s'évader, de grandir, de tenir debout. Les livres, au moment où ils n'avaient plus rien à manger, sont devenus une sorte de nourriture spirituelle".

Les livres les ont aidé à cultiver l'espoir.

Delphine Minoui : "Eux qui ne lisaient pas avant la guerre en ont fait leur passe temps favori. Ils lisent pour rester humain, pour ne pas céder à la folie".
Delphine Minoui : "Eux qui ne lisaient pas avant la guerre en ont fait leur passe temps favori. Ils lisent pour rester humain, pour ne pas céder à la folie".

Cagnotte solidaire

Pour aider les jeunes de Daraya dans leurs nouveaux projets Delphine Minoui a ouvert une cagnotte solidaire sur Leetchi intitulée Daraya alive depuis début mars. 

  • Légende du visuel principal: Image du documentaire "Daraya, la bilbliothèque sous les bombes" diffusé dimanche à 22h35 © Aucun(e)
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