Face caméra, des Syriennes témoignent des viols et des déshonneurs subis dans les geôles de Bachar el-Assad. Un documentaire de Manon Loizeau diffusé mardi 12 décembre sur France 2.

Quelque chose est en train de se dessiner dans la filmographie de Manon Loizeau. La journaliste exhume ce qui est tu, ce qui est caché, ce que l’humanité enfouit, la politique aussi. Et la cinéaste – car il y a du cinéma dans ces documentaires là – et la cinéaste de construire petit à petit un langage pour ne jamais montrer l’effroi de ce qu’elle est en train de nous raconter. Ne jamais montrer à l’image ou si peu. Le travail de Manon Loizeau est devenu oxymore : des images qui ne montrent pas. Des images qui vont pourtant au-delà. Par leur pudeur, leur désolation symbolique, leur poésie détournée. Il fallait cela pour entendre le cri étouffé des femmes violées dans les geôles syriennes. Il fallait ne pas figurer.     

« Syrie, le cri étouffé » est diffusé demain soir, mardi 12 décembre à 23h, sur France 2. Soirée spéciale Syrie, qui s’ouvrira par un premier documentaire consacré à « La Syrie de Bachar El Assad ». Soirée reportée, suite à la mort et aux hommage cathodiques rendus à Johnny. 

Les brèves de l'Instant M

A lire, sur le site de Médiapart, l’histoire édifiante du silence qui prévalut  pendant 30 ans, chez nous, à Radio France, quant aux agissements de Patrice Bertin. Il a été une très grande voix de l’info, ici, sur France Inter, a en également dirigé la rédaction. Il viendrait donc de prendre sa retraite, après que la DRH a recueilli plusieurs témoignages. Médiapart relate des faits de harcèlement, mais également deux tentatives de viols. Des directeurs et présidents alertés successivement sur une partie des faits. Des recadrages. Mais une belle carrière effectuée, malgré tout.   

Avez-vous vu le clip de présentation du Média, le média numérique lancé par des membres de la France Insoumise ? Il est très drôle, parodie avec extraits détournés de gros films d’action amerloques, Sylvester et Schwarzenegger en renfort. Il dit l’appétit, l’indépendance et la détermination à passer à l’assaut de l’info de cette nouvelle rédaction qui a récupéré des anciens du Figaro, de LCI, mais aussi Aude Lancelin de l’Obs  ou Noël Mamère (là on insiste beaucoup sur le pluralisme idéologique de l’affaire). Toutefois, revoyez le clip, attrapez en l’avant-dernier plan. Vous verrez, attaqués au lance-flamme, les logos de RMC, BFM Tv, Le Monde, CNews et Europe 1. En clair, des médias qui appartiennent à des banquiers ou des capitaines d’industrie. Je vous laisse seuls juges de la métaphore du lance-flamme.    

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