Quelle est la spécificité d’une enquête de presse? En quoi diffère-t-elle d’une enquête de police ? Une preuve, est-ce la même chose pour un média et pour un tribunal ?

Vous vous souvenez quand Médiapart a sorti l’affaire Cahuzac ? Sur les plateaux télé comme à la machine à café, tout le monde s’interrogeait : où est la preuve ? Et les journalistes répondaient : il n’y en a pas, à la justice de faire son boulot. Elle le fait, en ce moment se tient le procès. Lorsqu’Ebdo sort "l’affaire Hulot", la question resurgit. Mais cette fois, pas de justice, les faits sont prescrits. Au fond, c’est la même interrogation. Quelle est la spécificité d’une enquête de presse? En quoi diffère-t-elle d’une enquête de police ? Une preuve, est-ce la même chose pour un média et pour un tribunal ? Les règles et les limites sont-elles identiques pour un journaliste, un juge ou un flic ?  

Fabrice Arfi est responsable du pôle enquête à Médiapart. Matthieu Aron, directeur adjoint de la rédaction de l’OBS, signe le papier d’ouverture du dossier qui fait la couv : « Faut-il tout balancer ? » et les photos de blogueur Jérémstar, de Hulot et de Darmanin. Il est par ailleurs, l’auteur de deux ouvrages portant l’un sur l’affaire Baudis, l’autre sur la rumeur.  

Les brèves de l'Instant M

Sachant qu’il y a du mouvement dans ces deux médias. Dominique Nora, grand reporter, ancienne correspondante aux Etats-Unis et cheffe du service éco, a été proposée hier au poste de directrice de la rédaction de l’OBS, à la place de Mathieu Croissandeau. Chez Médiapart, pendant ce temps-là, un tandem, Stéphane Alliès et Carine Fouteau, va prendre la direction éditoriale qu’occupait François Bonnet qui écrivait hier : "On ne peut sérieusement prétendre exercer correctement cette fonction plus de dix ans. La “pensée automatique”, la routine, la réaction-réflexe, une capacité d'indignation et une curiosité émoussées, des choix radicaux oubliés. Bref, cet affreux conformisme qui partout s'infiltre et nous fait souvent désespérer de certains de nos collègues (pensons donc à ces bataillons d'“éditorialistes” qui tournent en boucle sur les radios et chaînes télé)". 

Est mort hier Paul-Henri du Limbert. A 58 ans, foudroyé en quelques mois. Grand journaliste politique, directeur délégué  des rédactions du Figaro. Tous ceux qui sont passés par le journal vous diront l’humour pince sans rire du-dit Limbert, sa clope vissée à toutes les pauses café, son demi-sourire et ses passions littéraires.   

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