Co-fondateur et président du directoire de "Mediawan", le producteur Pierre-Antoine Capton est ce matin l'invité de "L'Instant M" pour interroger les enjeux liés à la réforme de l'audiovisuel, la place des chaînes de télévision, des médias de service public, l'avenir du flux...

Mediawan est parti de rien, si ce n’est de la volonté de bâtir un groupe audiovisuel à partir de… rien. 

2015. Trois hommes : Xavier Niel, patron de Free, Matthieu Pigasse, banquier d’affaires. Tous deux déjà copropriétaire du journal Le Monde. Le troisième est mon invité. Producteur de télé qui s’est fait tout seul. Déjouant pas mal de pronostics du PAF. Pierre-Antoine Capton, "C à Vous", c’est lui, le retour du "Grand Echiquier", aussi.

Le triumvirat s’introduit en Bourse, lève beaucoup d’argent et achète des chaines de télévision et des maisons de production à tour de bras, réunissant à présent 750 personnes en France, une centaine en Italie, avec ses 22 labels, 17 chaînes thématiques pour 300 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le tout dans un contexte où les plates-formes vidéo américaines déferlent sur l’Europe, avec leurs milliards d’investissement. Bref, l’heure est au combat de géants. 

Quel place pour la France, pour les chaines de télés et pour les indépendants comme les productions Médiawan ? 

Extraits de l'entretien avec Pierre Antoine Capton

  • Sur les enjeux de la réforme de l'audiovisuel

Pierre Antoine Capton : "Pour nous, c'est une révolution. Il faut savoir que la loi audiovisuelle n'a pas changé depuis 1986 et, aujourd'hui, on doit rééquilibrer le secteur. 

Beaucoup sont en souffrance aujourd'hui dans le paysage audiovisuel

Je ne pense que personne n'est capable de vous dire à quoi ressembleront les chaînes de télévision, les radios, les médias, les sociétés de production dans trois ans ou quatre ans. 

Ça va très vite. 60 milliards d'euros seront investis par les plateformes cette année dans les contenus. Ça sera sans doute encore plus l'année prochaine. 

  • Au sujet des grandes plateformes 

Pierre Antoine Capton : "On est en train de travailler aujourd'hui avec le gouvernement, avec les chaînes privées, avec tout le monde pour faire en sorte que les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Netflix) puissent participer à la création de contenus en France. 

Je pense qu'on va trouver des solutions tous ensemble. Je discute avec Netflix, je discute avec Disney, je discute avec ces acteurs assez régulièrement

  • Les médias de service public  

Pierre Antoine Capton : "Maintenant, avec les émissions comme C à vous, on est au maximum de ce qu'on peut faire.

Aujourd'hui, on est vraiment à l'os

De ma position avec Médiawan, les producteurs de flux aujourd'hui, à part quelques géants, ne travaillent pas pour gagner de l'argent mais pour informer.  

L'une des forces du service public, c'est de pouvoir informer à un moment où il y a eu une sorte de méfiance, de défiance via des grands médias russes ou chinois. 

On fait en sorte de pouvoir travailler librement et c'est très important que ce service public soit défendu et que le flux accompagne les téléspectateurs tous les jours".

  • Le flux est-il voué à disparaître ?

Pierre Antoine Capton  :"Je ne pense pas. Tout dépend de ce que vous recherchez. Si vous recherchez de l'audience immédiate, c'est de plus en plus compliqué d'amener le public devant les écrans de télévision à 20h30, à un moment où l'offre sur les plateformes est très importante. 

Je pense que, peut-être, à terme, le public devant la télévision vieillissant, on aura moins de téléspectateurs, mais c'est très important aujourd'hui de pouvoir conserver, pour le service public et pour les chaînes de télévision, des marqueurs forts comme le sont C'est dans l'air, C'est à vous et comme ça l'est aussi en radio". 

C'est très important de défendre le flux  

La suite à écouter.

  • Légende du visuel principal: Pierre-Antoine Capton, président-fondateur de Troisième Œil Productions, novembre 2015, Paris © AFP / LIONEL BONAVENTURE
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