Huit ans après le film "Mais qui a retué Pamela Rose", les deux agents du FBI sont de retour sur Canal +, crasseux de bêtise et d’incompétence mais… sans images ! Les voici après avoir vécu des vies trépidantes à la télévision et au cinéma. Entretien avec Olivier Baroux.

Mais attention, des deux personnages créés par Kad Merad et Olivier Baroux, duo star des chaines Comédie et Canal+, vous n’aurez que les voix. Du son, pas d’images et de la vanne à tire-larigot, absurde à souhait

On a hurlé de rire.

Vous pouvez réécouter l’émission d’hier consacrée à Jean-Paul Rouve, celle de ce matin avec Olivier Baroux se présente comme une suite où on se demande ce que le petit écran a appris à ces acteurs et réalisateurs devenus des stars du grand. Et comme ils ont en commun à la fois de se réinventer et de s’auto-référencer, on s’interroge sur l’humour qui vieillit et sur celui qui ne meurt jamais.    

Vous n'allez pas vous en ennuyer !

▶︎ Disponible sur My Canal, le 25 décembre en version 90 minutes, décliné en six épisodes de 15 minutes. Il s'agit d'un film sonore co-écrit avec Julien Rappeneau, un vrai film qui se regarde avec les oreilles. 

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Extraits de l'entretien avec Olivier Baroux

Sonia Devillers : "Qu'est-ce qu'il va y avoir à l'écran ?"

Olivier Baroux : "On est en train de travailler avec Canal+ pour savoir comment on va habiller graphiquement les épisodes. On commence sur un écran noir, le téléspectateur qui a raté les deux premières minutes, il pense vraiment que la télé est en panne, c'est un risque qui nous fait rire aussi. On va voir comment ça va se passer, mais je pense que les gens sont habitués aux podcasts, ils savent comment ça se passe désormais. 

Il faudra juste fermer les yeux et puis réaliser vous-même les épisodes qu'on vous propose puisque vous êtes vous-même le réalisateur. Votre imaginaire doit fonctionner à 100 % et écouter ces 90 minutes ou six fois quinze minutes de délire total.

Sonia Devillers : "Qu'est-ce qu'il reste encore à inventer dans la séquence des interrogatoires musclés ?" 

OB : "C'est très compliqué quand on fait des scènes d'interrogatoire comme cela pour trouver l'originalité. Il y a un cliché dans les séries américaines, dans les films américains, c'est le good cop/bad cop, le mauvais/méchant flic et le gentil flic. Et nous, on a réussi à trouver le gentil flic et le flic très très gentil qui s'opposent ! 

On a essayé de trouver des petites originalités, de jouer avec les clichés à chaque fois.

Sonia Devillers : "Vous avez fouillé tout ce que la culture populaire a pu fabriquer de stéréotypes sur les policiers. Au départ, quelles étaient vos sources, ont-elles évolué, est-ce que vos personnages aujourd'hui s'auto-nourrissent ?"

OB : "Non. Ils ont évolué dans le sens où nous, on a évolué aussi parce qu'il y a les séries américaines qui sont passées par là. Au tout début de l'aventure, Pamela Rose c'était Twin Peaks qui nous avait inspirés. Ils étaient très sérieux et en même temps, c'était une série très bizarre, un peu onirique qui nous a tout de suite inspirés, Kad et moi, quand on a écrit Pamela Rose et, aujourd'hui, c'est plus les séries américaines comme Mindhunter et toutes les séries comme True Détective plus sombres. Les personnages aussi sont beaucoup plus sombres même s'ils sont drôles et débiles. 

On est parti du principe dans ce film que Bullit et Riper étaient en burn-out, en dépression. Ils avaient vécu trop de choses horribles. Il fallait qu'ils s'arrêtent à un moment donné. Ça, c'est un peu le côté dramatique de l'histoire. Après, c'est pour rire et délirer !"

Sonia Devillers : "Vous ne créez pas un univers à part entière. Vous jouez quand même sur les souvenirs visuels de l'auditeur parce que ce n'est pas des films confidentiels. Vous allez convoquer chez l'auditeur quelque chose qui est de l'ordre de la rétine, d'abord vos gueules à tous les deux qui sont hyper populaires"

OB : "Oui, on a quand même joué à fond les clichés. C'est-à-dire qu'on a pris des endroits, des décors qui sont reconnaissables immédiatement. Quand on fait une scène sur un dock, il y aura le bruit de l'eau, des bateaux qui passent, le bruit des câbles qui s'entrechoquent, quelques mouettes au fond et des chiens, des braseros. 

On essaie à chaque fois de recréer des univers où les gens se disent "J'y suis !".

L'idée est de recréer des images. On offre la possibilité à l'auditeur de créer ses propres images. Le décor va être différent selon chaque auditeur. Mais en tout cas, il y a un univers commun avec une espèce de voix qui interrompt l'épisode pour donner un cadre, c'est une vanne à l'intérieur, avec la voix off de Florence Maury".

Sonia Devillers : "Enfants de la radio, quid de votre évolution depuis ?"

OB : "La radio, c'est ce qui nous a réunis, ce qui nous a donnés aussi envie de faire de la télévision et du cinéma puisque, très vite, à la radio, on a fait des bandes annonces de films, des feuilletons, des films. 

C'était l'origine, on pouvait tout faire à la radio, tout se permettre.

On n'avait pas de problèmes de budget. On avait envie de faire débouler 50 éléphants dans  une chambre, on pouvait le faire. D'ailleurs Kad, il y a quelques mois, m'a dit que ce serait bien qu'on fasse de la radio, mais ce n'était pas possible pour des questions d'agenda. Et donc là, on a trouvé cette idée du podcast pour finalement refaire de la radio.

On est plus des enfants de la radio parce que c'est la radio qui nous a fait découvrir le monde.

Les gens de télévision se sont intéressés à nous à la radio, on était en train de fabriquer ce qu'on allait voir à la télévision plus tard".

Sonia Devillers : "Qu'est ce que le corps apporte à la comédie ?"

OB : "Quand on a enregistré ce film en audio, on a joué, c'est dans un grand studio, le studio Ferber. On avait un prompteur, on avait un casque, mais on avait de l'espace, énormément d'espace. Et lorsqu'on devait jouer, on jouait. C'est impossible de jouer sans le corps, sans bouger. On a eu la chance de pouvoir le faire avec des bons moyens. Il y avait des micros cravates, des perches. 

C'est un peu comme un plateau de cinéma mais sans caméra.

(Quant à la puissance comique de Kad Merad) il est drôle de naissance, c'est dans son ADN. Il est drôle et dramatique. C'est ce qui fait son succès. Kad, quand il joue, il est à fond, c'est comme s'il y avait une caméra sur le plateau. C'est un grand acteur". 

Donia Devillers : "Comment vous vient l'humour ?"

OB : "C'est à force d'écrire, ça fait 25 ans qu'on écrit des sketchs avec Kad, des films, de la comédie, c'est une explication chimique qui vient du cerveau, on cherche à jouer avec les mots. 

On cherche à inventer un monde qui n'existe pas et dans lequel on aimerait bien vivre. Dès qu'on peut trouver quelque chose pour tordre la réalité, on y va à fond.

▶︎ La suite à écouter…

  • Légende du visuel principal: Bullitt et Ripper reprennent du service sur Canal + avec les acteurs Kad Merad et Olivier Baroux © Maxppp / La Provence
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