Plongée dans la reconstitution de l'histoire de cet incendie à Paris qui a marqué la fin du XIXe siècle, le 4 mai 1897. Il a causé la mort de 130 personnes, en particulier des femmes. C'est toute une aristocratie qui prend feu, un grand rendez-vous mondain de la haute société parti en fumée et rebâti en série.

La série "Le Bazar de la Charité" sur TF1 et Netflix
La série "Le Bazar de la Charité" sur TF1 et Netflix © Thomas Braut / RYSK / TF1

Dans la France de la fin du XIXe siècle  

En partenariat avec France Inter, la série vous propose de replonger dans une histoire bien française, celle de la IIIe République. Une France profondément divisée, une entrée mouvementée dans le Libéralisme et la modernité. En ce 4 mai 1897 lorsque près de 130 personnes moururent dans l'incendie qui ravagea une vente de bienfaisance, ce sont essentiellement des femmes de la haute société, et c'est tout un rapport de force qui en est modifié

  • Attentats
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  • Indépendance ce la justice...

C'est fou ce que la Belle Epoque résonne avec la nôtre !

C'est la fin d'un monde, c'est très Proustien finalement tant c'est un monde qui s'éteint véritablement au cours notamment de l'Affaire Dreyfus. La part d'histoire du film est largement consacrée à l'incendie du grand bazar de charité, le vol des bijoux des femmes décédées ou séjournant à l'hôpital après la catastrophe et la part de fiction c'est tout ce que le film parvient à faire vivre parallèlement aux personnages politiquement.

La clé de voûte de cette l'ordre social de l'époque ce sont les mariages, les alliances matrimoniales entre les grandes familles. Des histoires qui continuent à faire sens aujourd'hui car on continue souvent à se marier avec des personnes de même classe sociale. Cette série raconte l'histoire de trois femmes qui créent l'irruption du petit peuple dans une aristocratie très fermée sur elle-même. Des femmes qui défient l’autorité masculine, la société patriarcale de l'époque. C'est une société très violente qui est dépeinte à l'égard du peuple, des femmes, de toutes les minorités de l'époque notamment cet article rouge qui à l'époque autorisait un mari à tuer sa femme si il la surprenait en train de le tromper avec un amant sous leur toit.

Représentation de l'incendie du Bazar de la Charité, mai 1897, Paris
Représentation de l'incendie du Bazar de la Charité, mai 1897, Paris © AFP / ARCHIVES SNARK / PHOTO12

Un spectacle et des moyens visuels impressionnants

C'est une super production télévisuelle, qui offre un très grand spectacle accompagné du grand retour de la fiction en costumes sur TF1 avec 17 millions d'euros pour huit épisodes. Elle devient aussi une série internationale en étant distribuée également sur Netflix.

Catherine Ramberg, l'auteure de cette série était aux côtés d'Alexandre Laurent sur le plateau de "L'Instant M" pour en parler. Il s'agit de huit épisodes diffusés chaque lundi sur TF1, dès ce soir, puis elle sera diffusée ensuite sur Netflix. 

Alexandre Laurent explique que le premier modèle sur lequel ils se sont basés est L'incroyable histoire de Benjamin Button, le film réalisé par David Fincher où "il y avait notamment des séquences, explique-t-il, qui se passaient dans un port où ça grouillait de vies, et j'en voulais autant dans le Bazar de la charité car il fallait que cela soit animé !"

On y filme en grande partie la haute société parisienne, un ravissement de somptueux hôtels particuliers, ceux de l'aristocratie de la fin du XIXe siècle. Ce sont toutes les rues de la capitale qui se retrouvent maquillées, ce sont les passages de fiacres qui sont transformés en quelque chose de réaliste dans le décor urbain de l'époque. Le réalisateur explique "qu'il a fallu effacer quelques feus rouges et quelques grues mais on a globalement tourné le film dans des quartiers de Paris moins fréquentés, moins fournis"

Pour faire vivre les personnages et les dialogues de la fin du XIXe siècle, Catherine Ramberg raconte qu'ils ont essayé de faire parler les personnages comme à l'époque tout en gardant une certaine ressemblance avec aujourd'hui. Les récits recueillis de l'époque étaient les seules sources historiques susceptibles de faire ressortir la réalité et le contexte social de l'époque

C'est aussi un décor qui prend feu de manière spectaculaire : tout ce qui en extérieur n'existe pas, le bazar et les flammes n'existent pas, C'est sur une façade d'un bâtiment de Paris que des planches de bois ont été accolées, ce sont les soubassements du bazar. Tout ce qui en bois en extérieur est de la 3D avec des fausses flammes. C'est tout un décor en studio avec du bois qui a été recrée auquel y a été ajouté des flammes ensuite gonflées numériquement. L'incendie a valu 18 jours de tournages dont 6 en intérieur et 6 en extérieur. 

La Bande annonce 

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🎧 RÉÉCOUTER - Capture d'écrans : "Le Bazar de la Charité", sur TF1 : une fiction en costumes aux échos contemporains

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