A l’heure où Donald Trump reçoit les codes de l’arme nucléaire, France 3 propose de voir le documentaire d'Emmanuel Blanchard, "Le Monde sous les bombes", de Guernica à Hiroshima

Le monde sous les bombes
Le monde sous les bombes © Emmanuel Blanchard et Fabrice Salinié/ CPB films

A l’heure où Donald Trump reçoit les codes de l’arme nucléaire. A l’heure où les ruines d’Alep, ville foudroyée, rongent nos consciences, France 3 propose de revivre en archives les grands bombardements du XXe siècle, de Guernica à Hiroshima, à l’aune de deux critères qui échappent aux manuels d’Histoire : la bombe, dès ses balbutiements, serait arme de terreur psychologique. La bombe, dans ses versions les plus destructrices, serait une absurdité militaire. I-nu-ti-le.

► LE PROGRAMME Le Monde sous les bombes. Il sera diffusé lundi sur France 3

La terreur que suscitent les bombes

26 avril 1937 : 24 bombardiers décollent pour une mission d’un nouveau type, objectif : tester l’effet du bombardement sur une petite ville sans importance militaire, Guernica. Quarante tonnes de bombes s’abattent sur la ville et ses 7000 habitants.

On commence par instaurer la terreur policière dans le ciel au milieu des colonies où s’essayent toutes les grandes nations européennes.

Emmanuel Blanchard, réalisateur du documentaire Le monde sous les bombes, souligne : "Pour se comporter comme ça avec des gens, il ne faut pas les considérer tout à fait comme des êtres humains. Le bombardement est d’emblée perçu comme quelque chose d’abominable donc jamais utilisé dans les conflits européens dans un premier temps et utilisé sur les indigènes dans les colonies".

Il ajoute : "Même Hitler doute des effets de ce bombardement, totalement inutile sur le plan militaire mais désastreux en terme d’image pour la Luftwaffe".

L'expérimentation d’une forme de guerre à distance

Emmanuel Blanchard explique : "Le bombardement des civils est une rupture majeure dans la façon de faire la guerre depuis le début des temps. Traditionnellement, la guerre, c’est une armée qui se bat contre une autre armée. Le bombardement expérimente une autre façon de se battre : c’est une armée qui se bat contre des civils. Et qui se bat d’une façon assez inégale puisqu’elle ne risque pas vraiment autant que les gens qui sont en dessous".

Emmanuel Blanchard : "Dans la vision du bombardement d’Hitler et de l’aviation allemande, il y a une vision tactique. Les bombardiers sont là en appui. Il y a des troupes qui envahissent et devant il y a des avions qui désorganisent.

Côté alliés, on va réfléchir à une autre façon d’utiliser les bombardements, qui seraient des bombardement stratégiques."

Le réalisateur remarque :

C'est quelque chose de finalement très contemporain : on peut gagner une guerre sans mettre le pied dans le pays.

Le pacte moral de Roosevelt

Aux premiers jours de la guerre, le président Roosevelt met en garde :

Je demande solennellement à tous les gouvernements engagés dans les hostilités d'affirmer publiquement que leurs forces armées ne ne bombarderont pas les forces civiles ou les villes non défendues.

C’est un pacte moral auquel tout le monde va s'engager - y compris les Allemands.

De Guernica à Hiroshima, il y a dans le documentaire d'Emmanuel Blanchard et Fabrice Salinié un fil rouge : le dilemme moral. Peut-on massacrer les populations civiles ? On voit, dans leur montage, comment les freins moraux sautent les uns après les autres.

Des scrupules patrimoniaux

Emmanuel Blanchard :

On sait qu’on ne sait pas viser, qu’il faut prendre les plus grandes précautions

Quand, en 1943, les alliés débarquent en Italie, on s'interroge : peut-on se permettre d’être ceux qui ont broyé l’un des berceaux de l’humanité ? On classe les villes en fonction de leur valeur patrimoniale. On classe Rome en fonction de là où est le Colisée, là où sont les ruines antiques…

Emmanuel Blanchard précise : "Ce n’est pas le cas pour l’Allemagne où les bombardement sont faits pour tuer des gens, raser des villes".

Plus aucun scrupule

Le général Curtis LeMay dit :

Il n’y a pas de civils innocents.

Pour Emmanuel Blanchard, "la seconde guerre mondiale est une guerre d'anéantissement, à tous les niveaux. Du point de vue des bombardements, ça le devient. Le bilan est tellement dur en Europe, tellement impressionnant, y compris pour les alliés eux-mêmes, qu'ils ne peuvent pas se permettre que ça ne marche pas au Japon".

Il faut que la guerre soit guérie par la bombe

Les bombardements n'ont servi à rien

Emmanuel Blanchard présente les bombardements comme une succession d'échecs. Il explique : "Evidemment que si on détruit des villes entières ça affaiblit l'adversaire mais dans le fond ça ne marche pas. Que ce soit Adolf Hitler ou Hiro Hito, vous pouvez tuer tous les civils que vous voulez, ils les remplaceront. Tant que tout le monde ne sera pas mort, il y aura toujours des gens pour tenir".

Il ajoute : "On est en guerre contre des pays mais on ne la voit pas. C’est une guerre très lointaine, il y a quelque chose d’un peu déréalisant. L'idée qu’on gagne une guerre sans que ça les engage eux vraiment est quelque chose d’assez fascinant".

► VOIR LE PROGRAMME Le Monde sous les bombes sur France 3

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