Depuis sa sortie, le dernier opus de la franchise "Assassin's Creed" explose les records de vente. Retour sur un grand phénomène du jeu vidéo qui a su faire de l'histoire un terrain de jeu, en reconstituant au plus près de la réalité les sociétés du passé.

Évènement mondial, Ubisoft, studio français, sort un nouvel Opus d’Assassin’s Creed. Le jeu vidéo de tous les records que ce nouveau lancement pulvérise une fois de plus. La saga historique qui a entraîné tour à tour les joueurs au cœur de l’Egypte ancienne ou de la Révolution française. Au-delà des chiffres, vertigineux, ce sont les reconstitutions d’Assassin’s Creed qui fascinent. Nous partons pour un voyage dans le haut Moyen Age, parcourir les vallées enneigées du pays Viking où la nature est d’une beauté hallucinée.

Thierry Noël est historien et contribue à mettre l'histoire au service des 900 personnes qui fabriquent un jeu vidéo historique aussi précis et aussi spectaculaire. Avec Olivier Bénis, journaliste spécialiste de jeux vidéos, ils reviennent sur ce qui fait le grand succès cette licence. 

Assassin's creed, un voyage historique depuis 2007

Olivier Bénis : "C'est un jeu vidéo aux allures de blockbuster, avec plus de 155 millions d'exemplaires. C'est un des jeux les plus vendus au monde. Une série de jeux qui est assez jeune, née en 2007, qui a connu une productivité assez impressionnante. Ubisoft a exploité à fond la licence. Il y a une douzaine d'épisodes principaux, avec autour plein de spin off, de petits épisodes dérivés, sur mobile, sur PSVita comme "Liberation" et, à chaque fois, ce sont des dizaines, des centaines de millions d'exemplaires vendus avec une régularité aussi assez impressionnante. À savoir que Ubisoft sort un Assassin's Creed quasiment tous les deux ans. L'idée, c'est d'aller proposer à chaque fois un nouvel univers basé sur un canevas qui est assez similaire".

Assassin's Creed, c'est le blockbuster d'Ubisoft, c'est une valeur sûre

À chaque fois, ce sont des années de boulot, des centaines de personnes mobilisées sur des produits qui sont tout simplement très bien finis. C'est pourquoi beaucoup de gens l'achètent presque aveuglément quand un nouvel épisode sort car on sait qu'en l'achetant, on a des dizaines d'heures de jeu assurées, qu'on aura des décors spectaculaires, qu'on aura quelque chose qui reproduit le plus fidèlement possible, pas forcément l'histoire elle-même, mais l'ambiance d'une époque. C'est vraiment ça qui est très impressionnant dans ce jeu : le souci du détail (la manière dont les gens interagissent dans les rues, dont les boutiques sont agencées, dont les villes fonctionnent, la vie en société de chaque époque). 

Pour la petite histoire, au départ, tout tourne autour d'une machine qui s'appelle l'Animus, qui permet de remonter le temps, de voyager à travers les souvenirs de nos ancêtres qui sont inscrits dans notre mémoire génétique. On peut visiter ce qu'ont fait nos ancêtres à une époque. Avec aussi une société plus ou moins secrète, plus ou moins occulte, les Templiers, qui essaient d'utiliser ce moyen à mauvais escient pour retrouver des artefacts qui ont été perdus au fil de l'histoire. Ce n'est jamais le même personnage qu'on retrouve dans chaque épisode de la saga, ce qui est d'autant plus attrayant. 

Depuis quelques épisodes, on peut choisir entre un homme ou une femme en fonction de ce qu'on préfère dans l'histoire, depuis Syndicate, l'épisode en Angleterre, où on pouvait jouer alternativement un homme et une femme qui étaient des jumeaux, Jacob et Evie Frye. On peut désormais choisir entre un homme et une femme."

Valhalla, bienvenue à l'ère des vikings

Thierry Noël : "Valhalla se concentre sur l'Angleterre du IXe siècle au moment des invasions Viking. Comme souvent, c'est un moment clé, élément déterminant dans l'histoire. C'est ce moment où les invasions vikings sont presque sur le point de faire tomber l'Angleterre anglo-saxonne. On voit plusieurs royaumes s'effondrer. Il n'en reste aucun. Le fameux Wessex d'Alfred le Grand et on se demande tout au long du jeu s'il va survivre à la poussée viking".

Les studios d'Ubisoft au plus près des historiens

Thierry Noël : "C'est une particularité d'Ubisoft, nous sommes une demi douzaine et avec des profils divers (historiens, géographes, politologues…). On fournit à nos équipes de développement le jeu, tout le matériel, toute l'inspiration possible susceptible de reconstituer au plus près une réalité historique. On s'intéresse absolument à tout. Ça peut être de l'audio, des questions narratives, etc. On essaie d'étudier une période dans la moindre table depuis la culture matérielle, ce qu'on va voir, ce qu'on va pouvoir manipuler jusqu'à des questions de logique, d'enjeux, des questions culturelles beaucoup plus larges. 

L'habillement dans ses moindres détails, les armes, toute l'architecture, toute l'art, l'artisanat d'une époque qu'il faut reconstituer. Pour les vêtements, ça va jusqu'aux teintures. Se poser aussi la question des teintes disponibles à l'époque et quelles ressources il fallait pour les utiliser, les peintures aussi sur les fameux bateaux, les couleurs les plus fréquentes comme les plus rares.

Le gros défi de ce jeu, c'est de trouver l'information disponible. Un de nos outils, c'est d'organiser des voyages d'immersion comme on en a fait en Norvège, au Danemark et en Angleterre, bien que cette civilisation ait laissé très peu de traces, mais essayer de s'immerger le plus possible dans des paysages qu'il faut ensuite reconstituer". 

Il y a un vrai travail d'authenticité de l'histoire

On connaît souvent les personnages en général mais on ne sait que peu de choses sur eux. Il y a toute une quantité de stéréotypes qu'il faut identifier comme les fameux casques à cornes qui n'ont, soit dit en passant, jamais été portés". 

  • Légende du visuel principal: Assassin's Creed Valhalla © Ubi Soft
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