Rois, empereurs, présidents, deux siècles que le chef de l’État français se fait copieusement insulter par voie de presse ! Railleries, éditos féroces, caricatures, "L’Instant M" remonte le temps de ces attaques personnelles et des procès qu’elles ont engendrés pour crime de lèse-majesté.

Louis-Philippe vu par Daumier - Le passe - Le présent - L'avenir - 1834
Louis-Philippe vu par Daumier - Le passe - Le présent - L'avenir - 1834 © AFP

De 1815 à 1871, de Napoléon à la Commune, le XIXème siècle monarchiste est marqué par la censure et la répression. Le dessin de presse y est une arme de combat. Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe, Louis-Napoléon Bonaparte : tous ceux qui prennent le pouvoir, rois ou empereurs, promettront les uns après les autres de lâcher du lest. En réalité, les journaux finiront tous aux tribunaux, voire en prison !

La notion juridique du délit d'offense apparaît en 1819, avec la loi De Serre

L'article 9 définit notamment que « quiconque se sera rendu coupable d’offense envers la personne du roi, sera puni d’un emprisonnement qui ne pourra être de moins de six mois, ni excéder cinq années, et d’une amende qui ne pourra être au-dessous de cinq cents francs, ni excéder dix mille francs ». 

La chute de Charles X sera directement liée à sa volonté de bâillonner la presse. En juillet 1830, les journalistes seront les premiers à descendre dans la rue pour contester les dérives autoritaires de la monarchie. La Monarchie de Juillet sera quand à elle partagée entre le libéralisme (multiplication des journaux) et la restriction. En effet, les caricaturistes politiques, comme Charles Philippon et la célèbre affaire de la "poire séditieuse", seront régulièrement attaqués pour offense au roi. Le contrôle des caricatures sera d'ailleurs une question sensible et obsédante tout au long du siècle.

Les débuts de la Seconde République (1848-1852) marqueront une vraie respiration

300 journaux apparaissent entre quatre mois, c'est le début d’une période faste pour la presse, notamment républicaine ou socialiste. Mais la peur sociale provoquée par les journées de juin 1848 déclenche un retour des contraintes sous une République qui devient de plus en plus conservatrice. Abolie, l'offense au président de la République(qui devient en juin 1853 « offense envers l’empereur ») revient en 1849 dans le code pénal. 

Notre invité : Benoit Prot, collectionneur de presse, auteur de Trésors de presse (La Martinière)

Les cinq épisodes de cette série, de Napoléon à Macron, sont déjà disponibles en podcast ! 

Episode 2 : la loi de 1881 protégera-t-elle les présidents ? (1881-1945)

Episode 3 : quand l'extrême-droite canarde De Gaulle (1945-1969)

Episode 4 : De Gaulle dégaine le délit d'offense (1958-1969)

Episode 5 : De Pompidou à Macron, les présidents agacés (1969-2020)

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