Le festival "Séries Mania", festival international de la série, démarre ce vendredi à Lille. Sonia Devillers reçoit Laurence Herszberg, la directrice du festival, et Frédéric Lavigne, directeur artistique.

Ouverture demain soir de Séries mania, festival international de la série, qui se tiendra à Lille durant dix jours. L’entrée est libre. 55 000 d’entre vous se sont rués dans les salles l’année dernière. France Inter aime les séries, France Inter est partenaire de l’événement à l’heure où ce marché audiovisuel arrive à maturité. 

Des séries, des séries et encore des séries… trop peut-être ?

Le public en redemande, mais il ne sait plus où donner de la tête. Les géants américains, chaînes de télévision et plateformes numériques, se livrent en 2019 une bataille homérique. Chacun veut se démarquer et fidéliser le spectateur à grand coups de séries. L’argent coule à flot. Un seul épisode engloutit autant de financements qu’un film de cinéma. Les festivals de séries se multiplient, les festivals de cinéma en font aussi. 

Bref, ça crée, ça tourne, ça flambe. On en prend plein les yeux. 

Jusqu’à quand, à votre avis ?      

À l'antenne

Sonia Devillers reçoit Laurence Herszberg, la directrice du festival Séries Mania, et Frédéric Lavigne, directeur artistique (où s'est longtemps tenu Séries Mania", avant d'être relocalisé à Lille)

Extraits de l'entretien

Il y a en compétition à Séries Mania trois séries qui viennent du Royaume Uni, toutes trois produites par le même studio : Channel Four. Qu'est-ce que les Britanniques ont de plus que nous ? Laurence Herszberg : "Ils ne produisent pas comme nous. Nous avons des saisons, eux non, ils produisent en permanence. Ils ont un volume de production beaucoup plus important. Ils savent aussi travailler sur l’irrévérence ou sur les sujets osés, ce qui est toujours chez nous une petite faiblesse. Même si la fiction française s'améliorer, nous n'osons pas encore nous emparer de sujets politiquement clivants.

L'année dernière, ont été primés à Séries Mania Ad Vitam et _Il Miracolo_. Ad Vitam a fait un flop sur Arte alors que ça a été un très grand succès critique. "… mais Il Miracolo a très bien marché : le jury ne s'est pas trompé, le public non plus" nuance Laurence Herszberg. Frédéric Lavigne : "On dit qu'Ad Vitam a été un échec mais la première semaine il y a eu presque un million de téléspectateurs ; c'est ensuite que cela a dégringolé - sans réussir à savoir si c'est parce que tous les épisodes avaient déjà été mis en ligne quelques jours avant et qu'il n'y avait pas besoin d'attendre la deuxième semaine pour voir la suite. C'est compliqué à interpréter".

520 séries sont produites aux USA par saison. Comment gagner cette guerre de l'attention ? Laurence Herszberg : "Il y a une compétition industrielle. C'est une chance pour les Européens, parce qu'il y a une vraie demande de contenus en langues étrangères. 

On voit bien que ça marche donc on n'est pas encore au niveau de saturation

"Les festivals comme Séries Mania permettent d'encourager le spectateur a voir ceci plutôt que cela". Frédéric Lavigne espère aussi aider les professionnels : "Même les acheteurs n'ont plus le temps aujourd'hui de tout évaluer".

Les coûts de production deviennent fou. Un épisode de Mad Men coûtait 2 millions de dollars. Un épisode de West World ou de Game of Thrones coûte 10 à 15 millions de dollars. Autrement dit : chaque épisode américain engloutit le budget moyen d'un film français. Laurence Herszberg : "On ne peut pas lutter avec les budgets américains, donc il faut lutter autrement".

Game of Thrones, ça va enfin se terminer !

Elle ajoute : "GoT est quand même une exception. Il ne peut pas être l'étalon ni de la production, ni des coûts ni de la créativité américaine. Après Game of Thrones, il faudra réinventer un autre modèle.  Regardez West World qui était supposée prendre la suite, avec des budgets extrêmement importants : la série a eu beaucoup de succès mais ça n'a pas été le phénomène mondial de Game of Thrones ! À côté de ça, des séries avec des budgets européens arrivent à avoir une audience mondiale : Casa de Papel par exemple".

Aller plus loin

ET VOUS ? Quelle est votre série préférée ? Benoît Lagane détaillera et commentera vos réponses avec ses invités dans Séries Mania... sur Écoute !

PODCAST ORIGINAL France Inter accompagne également le festival Séries Mania avec un podcast original réalisé par Benoït Lagane : "Séries Mania sur écoute". Au programme : des invités, des personnalités, des critiques, toute l’actualité du Festival et les meilleurs moments consacrés aux séries sur France Inter. ► Un podcast à retrouver d'ores et déjà sur RSS ou iTUnes  

RENDEZ-VOUS France Inter sera à Lille avec quelques émissions en direct duPalais des Beaux-Arts : Le journal de 13h de Bruno Duvic, un échange avec le public, Par Jupiter de Charline Vanhoenacker, Alex Vizorek et Guillaume Meurice. Plus d'info ici

DÉCRYPTAGE - Séries télévisées : pourquoi nous rendent-elles accros ?

  • Légende du visuel principal: Affiche du festival Series Mania 2019 (extrait) © Aucun(e)
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