Alors que le Salon de l’Agriculture est annulé, France Télévisions mobilise l’ensemble de ses antennes au monde paysan, à travers de nombreux documentaires.

Celui qui s’assoit … c’est celui qui est fainéant

C'est la parole d'une paysanne, vue et entendue dans ce documentaire exceptionnel diffusé ce soir sur France 2.

Des générations d’agriculteurs d’hommes et de femmes qui racontent leur histoire de France. La vie d’avant, à la dure et celle qui va trop vite et qui vous perd. Les espoirs et les désillusions, les joies simples, les tragédies, aussi. 

Un siècle de bouleversements, de métamorphoses, résumés en 1h30 avec ses charrues, ses tracteurs. Ses deux guerres mondiales et sa Politique agricole commune. On se dit qu’il faut beaucoup de courage pour nourrir les autres.

Voici une programmation spéciale qui permet de compenser l'absence du Salon de l'agriculture. France TV fait venir l'agriculture dans nos salons jusqu'au 7 mars prochain sur France Télévisions. Ça commence par ce documentaire dont la première phrase est :

Nous avons tous, dans nos familles, un parent qui a été paysan 

>>> Un documentaire à voir en replay jusqu'au 24 avril.

Extraits de l'émission 

Rappeler d'où on vient, à l'heure où on vit pour beaucoup dans les villes 

Catherine Alvaresse, directrice des Documentaires de France Télévisions : "L'objectif est de raconter nos histoires de France, de nous raconter à nouveau, nous, les Français.e.s, de se dire qu'on vient toutes et tous de la terre. Car, finalement, on en a tous des souvenirs et, de plus en plus, on s'en est éloigné. On avait envie de raconter cette grande histoire".

Au début du XXe siècle, des Frances avec ses coutumes locales

CA : "En un siècle, il s'est passé des bouleversements sociaux extraordinaires. Et puis, on démarre sur ce qu'on appelait "la France des petits pays", c'est-à-dire une France où chacun avait sa langue ou son patois, ses coutumes. C'est ça qui est super intéressant, c'est qu'on démarre le film avec plein de petits pays qui font la France. Et on s'interroge sur qu'est-ce qui a fait que, aujourd'hui, on soit un État complètement centralisé".

Un documentaire à hauteur d'hommes et de femmes

CA : "C'est quelque chose qu'on a travaillé sur France Télévisions depuis plusieurs années, qui avait démarré avec "L'histoire d'une nation" en 2018, qui racontait l'histoire de l'immigration en France. Il s'agit de faire en sorte que les acteurs de leur propre histoire se racontent, leurs enfants, leurs petits-enfants. Bien sûr, on s'entoure d'historiens, on a fait des recherches historiques, mais en revanche, il s'agit de donner la parole aux acteurs de leur propre histoire". 

Notre but, c'est vraiment de pouvoir rassembler, par l'histoire, et s'adresser à toutes et tous, avec quelque chose de chronologique

Fabien Béziat, co-réalisateur du documentaire :"Avec Agnès Poirier, nous sommes allés chercher des figures qui ont compté dans la transformation du monde paysan, des figures qui ont vraiment accompagné la grande modernisation des campagnes et qui ont eu à cœur toute leur vie de partager cette transformation. Ce sont des figures qui nous permettaient de façon très forte, très incarnée, avec une facilité aussi de parole, d'accompagner le spectateur pour comprendre vraiment la transformation du monde paysan. Ce sont des figures emblématiques du monde paysan qui ont tout en même temps une générosité, une vivacité, puis une vie remarquable".

Des gens qui ne sont pas habitués à exposer leurs émois et expriment de nombreux non-dits

FB : "Ce qui est très étonnant, c'est que le rapport père/fils est assez complexe dans les campagnes. Les pères ont eu du mal à transmettre aux fils. Il y a eu en cela des conflits de générations. La modernisation des campagnes est passée par le fait qu'il fallait réformer et changer le modèle parental. Ce non-dit est très fort, très puissant. La question de la transmission dans une ferme est très compliqué et le modèle familial du père qui transmet à son fils répond à une logique d'hérédité complexe de transmission des fermes". 

C'est un moment particulier de la paysannerie et il y a beaucoup d'émotion, de non-dits.

Un travail considérable de collecte d'archives

FB : "Le travail archivistique a été très important parce que le film traverse une amplitude temporelle qui est très vaste, partant du début du XXe siècle jusqu'à aujourd'hui. Il y avait une somme d'images absolument considérable. 

J'ai consulté des milliers d'heures d'images et, dans tous les fonds jusqu'aux plus classiques, comprenant aussi toutes les cinémathèques rurales.

Ce qui est très émouvant, au regard des images, c'est qu'on voit vraiment la transformation de notre société en son temps, on assiste à la profusion, le peuplement de la France au début du siècle qui, petit à petit, disparaît dans les images. On a une forme de rapport à ces fantômes qui sont extrêmement présents au début et qui, petit à petit, s'étiolent. 

Les images donnent une connaissance du monde paysan et de sa transformation. Les images sont très fortes au sortir de la guerre, parce que ça a été un traumatisme absolument remarquable pour l'ensemble de la société française. Les échos sont encore là puisqu'on a des agriculteurs qui, aujourd'hui, subissent encore les fracas de la guerre en retrouvant notamment des obus via les labours, ils y retrouvent tous les déchets de la guerre qui remontent à la surface". 

Catherine Alvarez : "Les archives, c'est absolument indispensable pour raconter, pour rendre vivants tous ces récits. 

On fait le choix, depuis plusieurs années, de donner la parole aux acteurs vivants leur propre histoire

Tout cela appuyé d'un retravail important sur les archives de façon à les rendre plus vivantes, plus accessibles pour les plus jeunes et susciter une autre histoire". 

▶︎ La suite à écouter…

  • Légende du visuel principal: « Nous Paysans » : France Télévisions met le monde rural à l’honneur © France Télévisions
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