Les "Histoires d'une nation", série documentaire sur France 2, nous racontent 150 ans de l'histoire de France, qui ont conduit à ce qu'aujourd'hui, un quart de la population française trouve ses racines à l’extérieur du territoire.

Je m’appelle Devillers, c’est le nom de mon père. Un patronyme picard qui ne dit pas l’histoire de ma grand-mère paternelle, fille d’immigrés italiens que je n’ai pas connus. Une Italie qui s’est perdue. Elle, elle était française, point. 

Je m’appelle Sonia. C’est ma mère qui a choisi ce prénom parce qu’il rappelle sa Roumanie d’origine. Ma mère qui a fui le régime communiste avec ses parents en 1962. Un exil douloureux qui est resté là et bien là. Mon deuxième prénom, c’est Marianne. Pourquoi Marianne ? Parce que ma mère était fière de sa naturalisation française.

"Histoires d'une nation" sur France 2

Ce soir et la semaine prochaine sur France 2, vous tous entendrez l’histoire de vos familles, faites de Bretons, de Catalans, de Polonais, d’Algériens, de Vietnamiens et de Sénégalais

Ce que c’est que d’être français, une saga documentaire en 4 épisodes qui dit un siècle et demi d’accueil, d’assimilation, de repli, de déchéance de nationalité et de trahison. Une histoire de France racontée par nous, les enfants, petits-enfants et arrière-petits enfants de. 

Sonia Devillers reçoit les deux réalisateurs de ce documentaire, Françoise Davisse et Carl Aderhold.

Extraits de l'entretien

Qu'est-ce qu'une nation ? Françoise Davisse : "Une nation est une grande idée inventée au XIXe siècle pour combattre les monarchies et les empires de l'époque dans toute l'Europe. On va réunir les gens autour de quelque chose [qui n'est ni le territoire, ni le pays, ni la patrie]. C'est une construction politique qui se fait au moment de la révolution industrielle". Carl Aderhold : "Contrairement à ce qu'on pense d'habitude, la France est une nation, au sens moderne du terme, récente. Elle date de 1870, du lendemain de la défaite contre l'Allemagne. À partir de ce moment-là on a vraiment commencé à construire un ensemble commun. On fait l'école publique, gratuite et obligatoire pour que tous les enfants aient la même culture. On fait le service militaire pour que tout le monde puisse participer à l'effort de guerre..."

L'idée de la Troisième République, c'est de fabriquer des Français, en fabriquer le plus possible

Comment fabrique-t-on des Français ? Françoise Davisse : "On fabrique des Français par une promesse : faire partie d'une union et d'avoir des droits. C'est compliqué parce qu'à partir du moment où on essaie de déterminer qui est français, on détermine aussi qui ne l'est pas. Ça pousse au nationalisme et à l'exclusion... [...] On convoque la race, la religion...

De jeunes gens vont chercher de l'eau à la fontaine au bidonville de Nanterre (1964)
De jeunes gens vont chercher de l'eau à la fontaine au bidonville de Nanterre (1964) © AFP / UPI
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Scène de rue à Marseille dans les années 1950 © AFP
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