20 ans après s'être engagé pour la défense des femmes afghanes, le magazine "Elle" a envoyé Ava Djamshidi, grand reporter, auprès de celles qui souffrent à nouveau de l'arrivée des talibans.

Une couverture mythique dans l’histoire de la presse féminine, unique dans l’histoire du "Elle". Avril 2001, une femme ensevelie sous sa burqa couleur sable, son visage mangé par le grillage qui la laisse respirer. Dans ses bras, une petite fille dont les pupilles noires fixent l’objectif. L’intensité de son regard exigeait qu’on ne la lâchât pas des yeux. "Le Martyr des femmes afghanes, refusons l’indifférence", titraient, vent debout, les patronnes du journal, il y a 20 ans. Août 2021, retour des Talibans. 

Le magazine "Elle" réitère, nouvelle couverture, nouvel engagement. Pour les lectrices d’autrefois et celles de demain.

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Ava Djamshidi était accompagnée du photographe Philippe de Poulpiquet : "Ce sont des photos de jeunes femmes tel qu'elles sont obligées de s'habiller aujourd'hui, donc avec des foulards. On a choisi de s'intéresser particulièrement à des femmes de 20 ans. On les voit avec leur visage et ce voile qui littéralement mange tout leurs cheveux et les recouvre.

On a vraiment voulu les saisir telles qu'elles sont, telles qu'elles vivent aujourd'hui, telles qu'elles sont, contraintes de se cacher aussi, même si elles ont souhaité se montrer à visage plus découvert. On a un peu hésité pour ne pas les mettre en danger. 

Ce qui a été vraiment saisissant, c'est qu'elles nous ont dit, qu'elles tenaient absolument à montrer leur visage et à faire entendre leur voix. La voix des femmes afghanes, pour ne pas être effacée et que si on refusait de le faire, d'une certaine manière, on faisait le jeu des talibans." 

L'injustice jusque dans les vêtements

Aujourd'hui, la tenue que préconisent les talibans pour les femmes, c'est un hidjab qui se constitue d'une abaya, une robe très longue, avec un foulard noir qui couvre intégralement le visage. La préconisation va jusqu'à la qualité du tissu raconte Ava Djamshidi : 

L'injustice qu'il y a entre les genres se niche même dans le choix des tissus dont sont confectionnés les vêtements.

"C'est vraiment quelque chose que j'ai découvert en étant sur place puisque Philippe de Poulpiquet, qui lui, parce que c'était plus facile de travailler comme ça, s'est habillé avec ce kamis, une espèce de tunique chemise un peu longue et un pantalon large que tous les hommes se sont mis à porter puisqu'on a arrêté de voir des jeans et des pantalons à l'occidentale dans les rues de Kaboul. Et sa tenue à lui était très légère en coton, alors que de mon côté, j'ai essayé de chercher une abaya plus légère parce que vraiment, avec cette chaleur, porter ce vêtement noir n'est pas très confortable et c'était impossible de trouver. L'injustice qu'il y a entre les genres se niche même dans le choix des tissus dont sont confectionnés les vêtements, cet acrylique qui est collant et qui est extrêmement désagréable à porter."

La suite à écouter...

  • Légende du visuel principal: Femmes afghanes © AFP / Karim Sahib
Les invités
  • Ava DjamshidiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France