Une icône de la téléréalité des années 2010 devenue une influenceuse qui pèse des millions. C'est le parcours de Nabilla Vergara, au cœur d'une série documentaire publiée sur Amazon Prime : "Nabilla - sans filtre".

Andy Wharol parlait du quart d’heure de célébrité. Elle, ça a duré une poignée de secondes. Ca a fait de Nabilla une star, à 20 ans seulement. Elle arrivait toute poitrine dehors des « Anges de la téléréalité » n°4, elle tombait raide amoureuse de Thomas qui venait, lui, de « Secret Story ». Les médias se sont rués sur eux. Leur couple, leurs disputes, le coup de couteau qu’elle lui a donné, la peine de prison qu’elle a purgée. Tout pour le clic, tout pour vendre du papier.

L’été dernier, ils se sont mariés. Noces fastueuses, réglées au millimètre près, sous l’œil des caméras. Cérémonie en forme de revanche. Nabilla fait savoir au monde entier qu’elle a repris le pouvoir sur sa vie et sur son image. 

7 épisodes de docu-confession pour fêter ça.

Croyez-vous qu’on y parle de pouvoir, d’argent, de notoriété, d’influence et de féminité ? Oui. Et non. Derrière la femme de 30 ans, on ne voit qu’une chose, une petite fille qui dit « regarde moi papa ». 6 millions et demi d’abonnés. Mais quand un seul être vous manque, tout est dépeuplé.

Extraits de l'émission

Dans votre première télé-réalité, "L'amour est aveugle", vous dites "j'ai été complètement manipulée, mais je ne regrette rien tellement je voulais la lumière."

Ça a été un peu compliqué au début parce que je ne savais pas du tout où j'allais. Je ne m'y prenais pas forcément très bien. Je me cherchais aussi un petit peu. J'ai dû évoluer, apprendre, et faire mes armes devant tout le monde. J'avais 16 ans. C'est souvent entre 16 et 20 ans qu'on essaye de trouver sa personnalité. 

J'aimais bien toute cette féminité, me mettre en avant. Peut-être que parfois, je le faisais mal. J'avais moins de style que maintenant. Et puis, c'est tout cet apprentissage qui a fait de moi ce que je suis devenue maintenant. 

Je suis un être de lumière. J'ai toujours aimé être sur le devant de la scène. 

On parlait de vous sur les plateaux télé à l'époque comme si vous n'étiez pas là. 

Tous ces gens avaient le double de mon âge. J'avais 19, 20 ans, ils en avaient 40. C'était facile pour eux. Moi, je venais d'arriver, j'étais toute jeune, je me cherchais un peu. Et puis, sous prétexte que j'avais mis quelques décolletés et quelques jupes, j'ai tout de suite été réduite à un physique, alors que, j'étais bien plus que ça. [...] C'est hyper violent. Aujourd'hui ça ne se passerait plus comme ça. 

Vous avez bien joué le jeu, et vous vous dites pendant ce temps là, pendant qu'ils me traitaient comme une grosse crétine, moi, j'apprenais auprès d'eux. J'ai compris plein de choses. 

Ils ne se rendaient pas compte. J'apprenais grâce à eux, parce qu'à force de discussions avec des gens qui font partie du Monde, du Figaro, de L'Express, Libération, Canal+, tous ces médias qui m'ont reçue, ce sont des gens qui ont du savoir. J'ai appris des choses. Au final, c'est de cette manière que j'ai su développer, que j'ai appris sur le tas, et je suis devenue une personne cultivée. 

Le documentaire raconte aussi votre descente aux enfers. Vous êtes passée par la prison. Vous y êtes restée un mois.

La prison, le milieu carcéral, il faut y avoir été pour comprendre ce que c'est. On a beau le décrire, quand on n'y est pas, on ne peut pas savoir. C'est une période qui m'a fait beaucoup me remettre en question. Ça m'a fait devenir celle que je suis aujourd'hui. Nous n'avons que ça à faire de réfléchir, de se remettre en question là-bas. Donc ça m'a fait évoluer, vraiment, et grandir. 

Vous racontez sans filtre dans ce documentaire en 7 épisodes, cette histoire avec votre père. Vous avez été privée de votre père de vos 13 ans à 23 ans.

J'avais envie de le rendre fier et en même temps, j'ai pris un chemin qui est très différent. Mon père est quelqu'un qui est très discret, qui n'aime pas la lumière, qui est de religion musulmane. Et forcément, je ne correspondais pas à ses valeurs. 

Maintenant il est très fier de moi. Je suis en couple depuis dix ans. Je suis mariée, j'ai un enfant, j'ai plutôt pas mal réussi. Mais à l'époque, je pars du principe qu'on ne doit pas juger ses enfants, même s'ils ne font pas ce qu'on a envie. C'est quelque chose que je n'ai toujours pas accepté. Donc j'ai toujours cette petite rancœur, il a les siennes et on essaie de continuer ensemble. 

C'est vrai que maintenant, je suis devenu mon propre média.

Vous vous êtes posé la question avant de médiatiser votre enfant ? 

C'est vrai qu'au début, on avait pris la décision de ne pas le montrer. Et puis, nous n'en avions pas du tout l'obligation puisqu'on maîtrise nous-mêmes nos propres réseaux sociaux. Par la suite, nous avons été pris en photo plusieurs fois à notre insu par des paparazzi à la maternité. 

Nous nous sommes dit que s'il y avait une photo qui sortait de lui alors que ce n'était pas la nôtre, qu'elle n'était pas contrôlée, ça nous ferait trop de peine. On aurait trop mal. Ensuite, on s'est dit qu'on allait le montrer et puis quand on l'a vu, il était tellement beau !

  • Légende du visuel principal: Nabila en septembre 2019 © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSEL
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