Ce n'est pas parceque la télé ne m'inspirait pas aujourd’hui que j'ai choisi une web série intitulée « Jamais sur vos écrans ».

Mais on est quand même bien content d’avoir d’autres écrans que celui du salon quand 25 chaînes gratuites ne sont pas foutues de vous faire envie. Y a bien « Point Break » sur France ô, mais je vous en ai déjà parlé le 31 août dernier et c’était déjà sur France. Preuve que la télé tourne en boucle sur les 30 mêmes films de ciné . Qui, avec la TNT, reviennent à intervalle encore plus rapproché.

Découvrons donc, ce matin, des films que nous n’avons pas vus et que nous ne verrons jamais. Embarquons pour une brève histoire du cinéma invisible. Belle idée que celle de cette petite série internet à retrouver sur les sites du Monde, d’Arte, de Nova et du Forum des images. Des cinéastes français ou étrangers racontent leurs films qui n’ont jamais vu le jour.

Bobine de cinéma
Bobine de cinéma © 2/Hal Bergman/Ocean/Corbis

Comme vous l’explique Joe Dante, le réalisateur des Gremlins , quand vous voyez un trou de 4 ou 5 ans dans la filmographie d’un cinéaste, ce n’est pas parce qu’il est en cure de désintoxication. C’est parce qu’il est mort, comme Orson Welles en plein tournage, ou parce qu’un de ses projets aussi enthousiasmant, aussi abouti soit-il, ne colle pas à son époque . Qu’est-ce qu’une époque, donc ? Un faisceau d’indice, selon l’expression consacrée par la justice. Un alignement de planètes financières, politiques, artistiques. De Serge Hazanavicius à Yves Boisset, en passant par Gaspard Noé ou Barbet Schröder, toutes les bonnes raisons qui ont fait couler un film avant qu’il ne soit tourné y passent. Cette série est un cimetière de regrets.

C’est aussi le moyen de comprendre que le cinéma relève d’une élaboration permanente. Le chemin, souterrain, de la maturation intellectuelle. Le cinéaste est quelqu’un qui travaille tout le temps. Les impasses sont autant d’étapes pour évaluer la pertinence et la sincérité du discours, comme pour penser la mise en scène autrement. Quant au chemin de la pellicule, le cinéaste ne peut l’emprunter seul. Et l’enfer, c’est les autres. En tous cas, ils tendent au réalisateur le miroir de ses échecs. C’est ça, « Jamais sur vos écrans ». Des souvenirs. Et des cinéastes qui se regardent dedans. Curieuse leçon de cinéma, mais leçon quand même.

« Jamais sur vos écrans », une web série à retrouver sur les sites du Monde, d’Arte, de Nova et du Forum des images .__

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