Vous saviez, vous, que Warren Beatty était le frère de Shirley Mac Laine ? Personne ne m’avait jamais rien dit, à moi. J’ai passé tout le doc à essayer de scruter la ressemblance ! Entre la bombe sexuelle d’Hollywood et l’actrice à tête de canard... Et j’ai fini par trouver ! Passons.

Sur Arte, dimanche, deuxième partie de soirée, portrait light et pop, de l’étalon Warren Beatty. 50 minutes, musique électro, séquence de bande-dessinée, commentaire en forme de clin d’œil permanent. Ca se regarde tout seul, c’est pas d’une profondeur dingue, mais le propos est bien anglé. Le film articule intelligemment la carrière en dents de scie de Beatty et les grandes mutations de l’industrie du cinéma. En outre, les longs extraits ou archives qui l’illustrent sont en VO, non sous-titrée. On écoute, on regarde avec attention.

Les femmes d’abord, pour évacuer le cliché : Joan Collins, Nathalie Wood, Leslie Caron, Julie Christie, Diane Keaton, Isabelle Adjani, Madonna, Anette Bening. Warren Beatty a couché avec tout Hollywood. Né en 1937, il est la révolution sexuelle des années 60 à lui tout seul. Son « What’s new pussycat ? », question posée à chaque proie qu’il chasse par téléphone – depuis sa chambre d’hôtel - est si célèbre à l’époque qu’elle en devient le titre d’une comédie.

Mais Warren Beatty, c’est aussi une figure qui ne cesse de se refuser à la carrière qui lui était toute tracée. Il s’éclipse, parfois des années durant. Chacune de ses réapparitions coïncide avec un tournant. L’acteur n’est plus la chose des studios. Beatty emboîte le pas de Kirk Douglas. Il écrit, il tourne, il produit. Ca donne « Bonny & Clyde », l’acte de naissance du Nouvel Hollywood – des films plus crus, plus drôles et plus sexes.

Obsessionnel, perfectionniste, il connaîtra les bides, l’oubli, les triomphes aussi. Il faillit même être candidat démocrate à l’élection présidentiel en l’an 2000. Il se retira juste de la course à l’investiture, comme maintes fois, il s’est refusé à la gloire. Personnage engagé, militant, narcissique et torturé. Qui a dit que les acteurs n’avaient pas de problème avec leur image ?

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> « Warren Beatty, une obsession hollywoodienne », sur Arte dimanche à 22H45

> Juste après « La fièvre dans le sang » d’Elia Kazan, son premier rôle au cinéma

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