Un western écrit par Albert Maltz (un scénariste fiché sur la liste noire du maccarthysme) où James Stewart tient le rôle de chercheur d’or.

Image extraite de "Broken Arrow" (1950)
Image extraite de "Broken Arrow" (1950) © Sipa / RONALDGRANT/MARY EVANS

Je vous ai dit l’autre jour combien le récent « Danse avec les loups » de Kevin Costner marquait un tournant dans le cinéma américain. Eh bien, en 1950, Hollywood découvrait stupéfait « La flèche brisée ». James Stewart dans un rôle de chercheur d’or qui dynamite les codes du genre à venir. Puisque ce western est filmé de manière incroyablement épurée, voire parfois avec une lenteur inédite. Or ce temps cinématographique est dédié aux Apaches, à la découverte de leurs coutumes, à l’insoluble problématique de la terre à conquérir ou à partager, la terre qu’on appelle « territoire ». La notion d’espace s’impose comme l’un des grands marqueurs de l’imaginaire américain et « La flèche brisée » raconte l’histoire d’une rupture spatiale. Deux peuples peuvent, au prix d’un immense effort, vivre en paix. Mais ils ne peuvent vivre ensemble.

Pourtant, le film met en scène la profonde amitié qui lie le personnage de James Stewart, au service de l’armée, à l’un des chefs indiens réfugié dans les Dragoon Mountains de l’Arizona. Une histoire vraie suggère la voix off du héros dès l’ouverture, sous entendant par-là que le western n’est ailleurs que fable très orientée. Un cow-boy las et désabusé, témoin de la rage sanglante dont les Apaches sont capables comme de l’entêtement guerrier, aveugle et mortifère dont font preuve les Américains. Un blanc fou amoureux d’une squaw, qui sera la victime sacrificielle de cette transgression. Un homme qui négocie la trêve (c’est ce que symbolise la flèche brisée pour les Indiens), mais que les siens prennent pour un traître, un espion.

Kevin Costner a sans doute fait plus pour les Indiens que « La Flèche brisée » dont le mérite est plutôt de saisir l’autre camp en proie au doute, à la division, à la haine, mais rappelé aussi parfois à la loyauté, à la confiance et la fraternité. Ce film aurait pu s’appeler « La confusion des sentiments » ou bien « Orgueil et préjugés ».

« La flèche brisée »à 14h sur France 3

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